tête


tête

tête [ tɛt ] n. f.
teste, test « crâne », opposé à l'a. fr. chef « tête », 1050; lat. méd. testa « boîte crânienne », sens spécialisé de « coquille dure » 1. test
I
1Partie, extrémité antérieure (et supérieure chez les animaux à station verticale) du corps des artiozoaires, qui porte la bouche et les principaux organes des sens, ainsi nommée lorsque cette partie est distincte et reconnaissable (on dit autrement [zool.] région, extrémité céphalique). céphal(o)-. Animaux à tête entourée de tentacules. céphalopodes. Tête et thorax d'un insecte. céphalothorax. Tête de poisson; de sanglier ( hure) ; tête de cheval. Monstre sans tête ( acéphale) , à plusieurs têtes ( polycéphale) . Le Minotaure, homme à tête de taureau. Tête de Méduse.
Cette partie d'un animal préparée pour la consommation. Tête de cochon. Tête de veau vinaigrette. Fromage de tête ou (Belgique) Tête pressée.
2Partie supérieure du corps de l'être humain contenant le cerveau et les principaux organes des sens, qui est de forme arrondie et tient au tronc par le cou. vx chef. Sommet ( sinciput) , derrière ( occiput) , devant ( face) , côtés ( 1. tempe) de la tête. Squelette de la tête. 1. crâne. Forme de la tête ( brachycéphale, dolichocéphale) . « Sa tête plutôt enfoncée, grosse, sans être énorme, et d'une forme très singulière : peu de menton, peu de crâne » (Romains). Loc. De la tête aux pieds, des pieds à la tête. Coûter les yeux de la tête. Avoir la tête sur les épaules. Voix de tête : voix de registre aigu, pour laquelle la résonance se fait essentiellement dans la boîte crânienne (opposé à voix de poitrine) . ⇒ 1. fausset; haute-contre.
Mal de tête. céphalée, migraine (cf. Mal de crâne). Tête lourde. La tête lui tourne ( étourdissement, vertige) . Vin qui monte à la tête, qui fait tourner la tête ( griser) . Crier à tue-tête. tue-tête (à).
Port de tête. La tête haute, relevée par rapport à la poitrine; fig. sans honte, sans avoir rien à se reprocher. Partir la tête haute. La tête basse, penchée sur la poitrine; fig. confus, honteux. Baisser, courber, redresser la tête. Renverser la tête. Tourner, détourner la tête. Tête (à) gauche, tête (à) droite, commandements militaires pour tourner la tête. Hocher la tête. Acquiescer de la tête. Signe de tête. Mettre la tête à la fenêtre. La tête en bas. Tomber sur la tête; fig.(cf. infra III, 3o). Piquer une tête. Tomber, se jeter la tête la première. Se jeter tête baissée dans qqch. Se taper la tête contre les murs.
Loc. fig. Ne savoir où donner de la tête : ne savoir que faire, avoir trop d'occupations. — En avoir par-dessus la tête. assez. Jeter qqch. à la tête de qqn.
Fam. Se jeter à la tête de qqn, se présenter à lui brusquement; fig. lui faire des avances. Donner un coup sur la tête. fam. caboche, cafetière, carafe, carafon, 1. cassis, citron, citrouille, coloquinte, tirelire... Faire une tête au carré à qqn. Vx Casser la tête ( casse-tête) .Couper, trancher la tête, le cou. ⇒ décapiter, guillotiner, décollation. J'en donnerais ma tête à couper, j'en mettrais ma tête sur le billot. Tête réduite d'Indien.
(1560, à propos des bêtes qui luttent tête contre tête) FAIRE TÊTE : faire front, s'opposer efficacement à. « Il faisait tête, comme un gibier courageux qui cherche où rendre les coups dont il saigne » (Toulet). (1560 chasse) TENIR TÊTE : résister (à l'adversaire). Tenir tête à l'ennemi. S'opposer avec fermeté (à la volonté de qqn). Tenir tête à son père, à l'opinion. « Il avait aussitôt pris la résolution de tenir tête aux pouvoirs » (Martin du Gard).
Loc. adv. (1549) TÊTE À TÊTE :ensemble et seuls (en parlant de deux personnes); seul (avec qqn; cf. Seul à seul). « le petit entretien que vous avez en tête à tête avec lui » (Marivaux). Nous nous sommes retrouvés tête à tête. tête-à-tête (n. m.).
3Partie de la tête où poussent les cheveux, cuir chevelu. Se gratter la tête. Tête chauve. fam. caillou. Tête nue, nu-tête (cf. En cheveux). Laver la tête à qqn. Faire dresser les cheveux sur la tête. Nos chères têtes blondes. Chercher des poux dans la tête à qqn.
4La tête, considérée comme la partie vitale. ⇒ vie. « Sur la tête de mes enfants, je jure que je vous ai dit la vérité » (Maupassant). Réclamer la tête de qqn, l'échafaud, la peine de mort; fig. sa destitution. L'accusé a sauvé sa tête. Mettre à prix la tête de qqn. Risquer sa tête.
5(1330 teste) Le visage, quant aux traits et à l'expression. face, figure, fam. gueule. « Belle tête, dit-il, mais de cervelle point » (La Fontaine). Une tête sympathique. Une sale tête. fam. tronche. Il a une tête qui ne me revient pas : il ne m'est pas sympathique. Vulg. Tête de con. Tête de nœud. Avoir une tête comique, bizarre. fam. 1. bille, 2. binette, fiole, trombine. Avoir une bonne tête, qui inspire confiance. ⇒fam. 2. bouille. À la tête du client : selon les apparences de la personne. Avoir une tête à claques. Se payer la tête de qqn. Avoir ses têtes : manifester de la sympathie ou de l'hostilité suivant l'apparence, sans autre motif. Quelle tête il a ! se dit d'une personne qui a un air défait, fatigué. — La tête, dont l'expression manifeste l'humeur. Faire une drôle de tête. 1. mine; fam. bobine, poire. « Qu'est-ce qu'il a le petit ? il en fait une tête » (Prévert). Faire une tête de six pieds de long : être triste, maussade. Une tête d'enterrement. Absolt (1907) FAIRE LA TÊTE . bouder (cf. fam. Faire la gueule).
6Représentation de cette partie du corps de l'homme, des animaux supérieurs. Tête sculptée, peinte. « Une tête gothique est rarement plus belle que brisée » (Malraux). Tête d'une médaille; côté tête. avers, face. Tête de pipe. (1866) TÊTE DE T URC : dynamomètre sur lequel on s'exerçait dans les foires en frappant sur une partie représentant une tête coiffée d'un turban. Fig. Être la tête de Turc de qqn, servir de tête de Turc : être sans cesse en butte aux plaisanteries, aux railleries de qqn. ⇒ souffre-douleur (cf. Bouc émissaire). « Les têtes de Turc, par-dessus lesquelles il tape sur ses contemporains » ( Goncourt).
Carte à jouer figurant un personnage (roi, dame, cavalier, valet). figure, honneur.
7Mesure de cette partie du corps; hauteur d'une tête humaine. « des enfants debout sur une chaise, fiers de dépasser d'une tête les grandes personnes » (Radiguet). Il a une tête de plus qu'elle.
Longueur d'une tête de cheval, dans une course. Cheval qui gagne d'une tête, d'une courte tête. Fig. Gagner d'une courte tête, de justesse.
8(1888) Vieilli Visage qu'on a grimé et paré pour se divertir. « Chacun semblait s'être “fait une tête”, généralement poudrée » (Proust). Par ext. Personne ainsi grimée. Un bal de têtes.
9Par ext. Partie d'une chose où l'on pose la tête. chevet. Tête de lit. Un lit de fer « avec à la tête un numéro 7, et la pancarte » (Aragon).
10Vén. Bois ou cornes des bêtes fauves (cerf, daim, chevreuil). Cerf qui fait sa tête, dont le bois pousse.
11Football Coup de tête dans le ballon. Joueur qui fait une tête.
II(1562) TÊTE DE MORT .
1Fam. Crâne, os provenant de la tête d'un mort. « Une tête de mort véritable, avec ses trous, ses sutures, ses apophyses » (Duhamel).
2Emblème de la mort, représentation de ce squelette ou de la face de ce squelette sur papier, sur tissu. Pavillon à tête de mort des pirates. Appos. Sphinx tête-de-mort.
3(1862) Fromage de Hollande à croûte rouge. tête-de-Maure.
III ♦ LA TÊTE, considérée chez l'être humain comme siège de la pensée. ⇒ cerveau, cervelle.
1(XVIe) Le siège des idées, de la mémoire, du jugement. Une tête qui pense. Une tête pensante. « Choisir un conducteur [précepteur] qui eût plutôt la tête bien faite que bien pleine » (Montaigne). N'avoir rien dans la tête, avoir une petite tête : n'avoir ni idées ni jugement. — Appellatif Faut voir plus loin que le bout de son nez, petite tête ! Avoir une tête sans cervelle. Tête d'oiseau, de linotte. Tête en l'air. Avoir, mettre du plomb dans la tête. Fam. Une grosse tête : une personne trop sûre de son pouvoir. Loc. fam. Avoir la (ou une) grosse tête : avoir des prétentions; péj. être prétentieux. Depuis qu'il a réussi son coup, il a la grosse tête. (v. 1965; trad. de l'angl. amér. egghead) Fig. et péj. Tête d'œuf : intellectuel; (plus cour.; insulte, en interj.) abruti, imbécile. — Absolt Avoir de la tête, du jugement et de la mémoire. Il n'a pas de tête : il est écervelé, oublie tout. — PROV. Quand on n'a pas de tête, il faut avoir des jambes. Une femme de tête. Fam. C'est une tête, une personne savante, instruite (cf. Un fort en thème). Chasseur de têtes. (Opposé à cœur). raison, réflexion. « On n'écrit pas avec son cœur, mais avec sa tête » (Flaubert). (XVIIIe) De tête : mentalement. Calculer de tête. Avoir une idée dans la tête, en tête. Moi, je crois « que vous avez quelque nouvel amour en tête » (Molière). N'avoir qu'une idée, qu'un souci en tête, ne penser qu'à cette idée, ce souci. Ce qu'il a dans la tête, ses idées, ses intentions. ⇒ esprit. Il a une idée derrière la tête, une intention cachée. Avoir la tête vide : ne plus pouvoir réfléchir, se souvenir. Mettre, fourrer qqch. dans la tête. apprendre . Idée qui passe par la tête. Se mettre dans la tête, en tête de..., que... : décider de..., que... et ne pas en démordre. Il s'est mis dans la tête de vous attendre, qu'il vous attendrait. Imaginer, se persuader que. Elle s'est mis dans la tête que vous viendriez la voir. Chercher dans sa tête. 1. mémoire. Se creuser, se casser la tête. fam. ciboulot.
2Le siège des états psychologiques. (Caractère) Avoir la tête chaude, près du bonnet. Avoir la tête froide. Avoir la tête dure, avoir une tête de cochon. Par ext. (de la personne) C'est une tête de cochon; dans le même sens, une tête de lard, de mule, de pioche (aussi injure, en interj.).Une tête brûlée. (1907; « esprit plein de jugement » 1690) Une forte tête : une personne qui s'oppose aux autres et fait ce qu'elle veut. ⇒ indiscipliné. Faire la forte tête. (1538) Une mauvaise tête : une personne obstinée, querelleuse, boudeuse. « Les mauvaises têtes agissent souvent en héros » (Alain).
(États passagers) Se monter la tête. bourrichon. Se mettre martel en tête. Yves « auquel ce pays de plaisir tourne un peu la tête » (Loti). « L'idée de devoir me déguiser me mit la tête à l'envers » (A. Gide). égarer, griser, séduire (cf. Rendre fou). (XVIIIe) Perdre la tête : perdre son sang-froid. ⇒ boule, boussole; s'affoler. Examiner à tête reposée. Avoir la tête à ce qu'on fait, y appliquer son esprit, son attention. Avoir la tête à son ouvrage. Avoir la tête ailleurs : penser à autre chose (cf. Être dans la lune). « Mais elle n'avait pas la tête à cela, elle se taisait, elle ne lâchait que des paroles brèves » (Zola). Où avais-je la tête ? comment se fait-il que je n'y aie pas pensé ? (XVe) N'en faire qu'à sa tête : agir selon son idée, sa fantaisie, selon l'humeur du moment. « Fais à ta tête, Père Ubu, il t'en cuira » (Jarry). (1440) UN COUP DE TÊTE : une décision, une action inconsidérée, irréfléchie. Faire qqch. sur un coup de tête.
3(En loc.) La tête, symbole de l'état mental. Avoir la tête fêlée, être tombé sur la tête : être un peu fou, déraisonner. — Perdre la tête : devenir fou (fam. dérailler, disjoncter, yoyoter) ou gâteux. Le vieux perdait la tête. raison. Tu as perdu la tête ! (cf. C'est de la folie). N'avoir plus sa tête à soi. Avoir toute sa tête. lucidité (cf. Avoir tout son bon sens).
Fam. Ça va pas la tête, se dit à qqn dont on juge le comportement déraisonnable. — Ça (me) prend la tête : cela me tracasse, cela devient une obsession. ⇒ excéder. Il me prend la tête avec ses histoires. Quelle prise de tête !
IV A(La tête représentant une personne)
1Attirer la haine sur sa tête, sur soi. ⇒ soi. Prendre une chose sur sa tête, en prendre la responsabilité. Faute qui retombe sur la tête de qqn.
La personne elle-même. Une tête couronnée. Mettre un nom sur une tête. Dr. Partage par tête, personnel (opposé à par souche) .
2(1283) PAR TÊTE : par personne, individu. « Bonnes gens donc, qui journellement dînez à trente francs par tête » (Nerval). Hist. Vote par ordre ou par tête.
3Personne qui conçoit et dirige (comme le cerveau fait agir le corps). « Sire, j'en suis la tête, il n'en est que le bras » (P. Corneille). C'est à la tête qu'il faut frapper. chef. Direction à deux têtes. bicéphale.
BAnimal (d'un troupeau). Cent têtes de bétail. pièce. V(par anal. de situation et de forme; cf. supra I)
1(1560) Partie supérieure (d'une chose), notamment lorsqu'elle est arrondie. La tête des arbres. cime. Couper la tête d'un arbre. étêter. Ce tableau est accroché la tête en bas. Reliure Tranche supérieure. Tête dorée. Billard Frapper, prendre la bille en tête. Autom. Moteur à soupapes en tête, qui s'ouvrent à la partie supérieure du cylindre.
2Partie terminale, extrémité (d'une chose, grosse et arrondie). Tête du fémur. Tête d'ail : bulbe de l'ail. Tête de champignon. chapeau. Tête d'épingle, de clou. Vis à tête fraisée. Tête de bielle.
Tête de lecture d'une platine tourne-disque : extrémité du bras qui porte la pointe de lecture. — Par ext. Tête de lecture, d'enregistrement d'un magnétophone, d'un magnétoscope. Tête d'impression d'une imprimante.
VI(par anal. avec la tête des animaux qui se présente en premier dans le sens de la marche; souvent opposé à queue) A
1Partie antérieure (d'une chose qui se déplace). Tête d'un engin propulsé, d'un missile; tête nucléaire, thermonucléaire. ogive. Fusée à têtes multiples.
♢ TÊTE CHERCHEUSE. (1954) Fusée à tête chercheuse, munie d'un dispositif pouvant modifier sa trajectoire vers l'objectif. — Inform. Tête chercheuse : dispositif d'un classeur électronique destiné à la recherche des informations.
Virer tête à queue, tête sur queue. tête-à-queue.
2(XVIe) Premier(s) élément(s) (d'un ensemble de véhicules, d'un groupe de personnes qui se déplacent). La tête d'un train. « La tête du cortège était déjà entrée dans le cimetière » (France).
3Partie antérieure (d'une chose orientée), ou première partie (de ce qui se présente dans un ordre). (1869) Tête de ligne : station, gare de chemin de fer, de métro, d'autobus... où commence la ligne; point de départ. Tête de pont. Tête de chapitre. Tête de liste, premier nom d'une liste. Par ext. La personne elle-même. Élire une tête de liste. Tête d'affiche. Par ext. C'est ce chanteur qui est la tête d'affiche. Sport Tête de série. Sans queue ni tête.
B
1Place de ce qui est à l'avant (surtout dans de, en tête). 2. avant. Voiture de tête. Sortie du quai en tête ou en queue. Prendre la tête du cortège (cf. Ouvrir la marche). Musique en tête. Faites-le passer en tête. 2. devant, premier. Coureur en tête du peloton. lièvre; mener.
2Par ext. Première place dans un classement, une compétition quelconque. La France « est, je le crois, à la tête du monde par ses artistes » (Balzac). Être à la tête de sa classe : être le premier, le meilleur élève. « Barbentane en tête... Il y aura ballottage » (Aragon).
3Place de ce qui est en avant, devant, au début. Article de tête d'un journal. Mot en tête de phrase. Impression en tête d'un papier. en-tête. (1892) Chim. industr. Produits de tête et de queue de la distillation du pétrole (dans l'ordre de leur apparition).
4(1660) Fig. Place de la personne qui dirige, commande. Il fut tué à la tête de ses troupes. Prendre la tête d'un mouvement ( leader, meneur) . Personne à la tête d'une entreprise. chef, directeur. Par anal. Se trouver à la tête d'une fortune : être en mesure d'en disposer. ⇒ posséder.
⊗ CONTR. Pied, 1. queue. 2. Arrière, 1. fin. ⊗ HOM. Têt, tette.

tête nom féminin (latin testa, pot en terre cuite) Extrémité supérieure du corps de l'homme et extrémité antérieure du corps de nombreux animaux contenant la bouche, le cerveau et les principaux organes sensoriels : Avoir une grosse tête. Boîte crânienne de l'homme, en particulier le cerveau ; crâne : Avoir mal à la tête. Partie supérieure du crâne où poussent les cheveux : Sortir la tête nue. Visage, expression dont les traits traduisent les sentiments, les tendances, l'état, etc. : Avoir une bonne tête. Tu en fais une tête ! Ensemble des facultés mentales : Chercher un souvenir dans sa tête. Jugement, perspicacité, présence d'esprit, sang-froid : Garder la tête froide. Avoir de la tête. Tempérament volontaire, obstiné de quelqu'un : Avoir la tête dure. Personne, individu : Ça coûte 20 euros par tête. Animal appartenant à un troupeau : Cinquante têtes de bétail. Vie de quelqu'un : Réclamer la tête d'un condamné. Personne ou groupe qui conçoit, qui dirige intellectuellement : La tête pensante du mouvement. Personne ou groupe qui commande un groupe, qui dirige un organisme : Frapper une révolte à la tête. Extrémité renflée d'un objet : Tête d'un clou. Partie supérieure de quelque chose : L'hélicoptère rase la tête des arbres. Hauteur de la tête, prise comme unité de mesure pour les personnes : Elle a une tête de plus que moi. Longueur de la tête, prise comme unité de distance séparant des chevaux de course à l'arrivée : Gagner d'une tête. Partie antérieure ou initiale de quelque chose, notamment dans une chose orientée ou en mouvement : La tête du train. Mot placé en tête de phrase. Premier rang, première place d'un classement : Homme politique en tête des sondages. Anatomie Partie renflée de certains organes. Extrémité de certains os. Astronomie Ensemble formé par le noyau et la chevelure d'une comète. Bâtiment Pan d'une pierre, d'une brique, qui reste apparent après sa pose dans un mur. (La partie prise dans la construction est la queue.) Synonyme de talon. Cuisine Tête d'un animal (veau, porc) désossée et diversement apprêtée. Économie Implantation à l'étranger d'une entreprise, d'une institution en vue d'un développement ultérieur de son activité. Mécanique Partie d'une machine-outil recevant les mécanismes de commande directe des outils. (Par exemple fraiseuse à tête inclinable.) Météorologie Partie antérieure d'un système nuageux. Militaire Élément le plus avancé d'une troupe. Musique Extrémité du manche des instruments à cordes (guitare, violons et violes, par exemple). Outillage Partie du corps d'un marteau opposée à la panne. Pétrole Fraction la plus légère, ou la plus volatile, d'un mélange d'hydrocarbures, obtenue en premier par distillation fractionnée. Sports Au football, action de frapper une balle aérienne avec le front pour dévier sa trajectoire. Technique Partie d'une machine qui porte les outils. Vénerie Ensemble des bois du cerf, du daim, du chevreuil. ● tête (citations) nom féminin (latin testa, pot en terre cuite) Marcel Achard Sainte-Foy-lès-Lyon 1899-Paris 1974 Académie française, 1959 Mon corps n'en fait qu'à sa tête. L'Idiote, III, Josefa Gallimard Guillaume Apollinaire de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire Rome 1880-Paris 1918 Une belle Minerve est l'enfant de ma tête Une étoile de sang me couronne à jamais […]. Calligrammes, Tristesse d'une étoile Gallimard Commentaire Apollinaire, blessé en 1916 d'un éclat d'obus à la tête, avait été trépané deux fois. Michel Butor Mons-en-Barœul 1926 Toute tête est un entrepôt, où dorment des statues de dieux et de démons de toute taille et de tout âge, dont l'inventaire n'est jamais dressé. Passage de Milan Éditions de Minuit Georges Duhamel Paris 1884-Valmondois, Val-d'Oise, 1966 Académie française, 1935 Le cul voudrait arriver avant la tête, mais la tête ne veut quand même pas. Le Désert de Bièvres Mercure de France Max Jacob Quimper 1876-Drancy 1944 Il était de ceux qui pensent avec le derrière de la tête. Le Cornet à dés Gallimard Isidore Ducasse, dit le comte de Lautréamont Montevideo 1846-Paris 1870 […] La poésie est la géométrie par excellence. Depuis Racine la poésie n'a pas progressé d'un millimètre. Elle a reculé. Grâce à qui ? aux Grandes-Têtes-Molles de notre époque. Poésies, I Commentaire « Lamartine, Hugo, Musset se sont métamorphosés volontairement en femmelettes. Ce sont les Grandes-Têtes-Molles de notre époque. » (Lettre d'Isidore Ducasse au banquier Darasse, 12 mars 1870.) Michel Eyquem de Montaigne château de Montaigne, aujourd'hui commune de Saint-Michel-de-Montaigne, Dordogne, 1533-château de Montaigne, aujourd'hui commune de Saint-Michel-de-Montaigne, Dordogne, 1592 Je voudrais aussi qu'on fût soigneux de lui choisir un conducteur qui eût plutôt la tête bien faite que bien pleine, et qu'on y requît tous les deux, mais plus les mœurs et l'entendement que la science. Essais, I, 26 à l'enfant précepteur Commentaire Cette image, l'une des plus connues des Essais, est généralement citée à tort et appliquée à l'élève, non au précepteur. Elle était courante au XVIe siècle ; on la trouve, entre autres chez Henri Estienne dans son Apologie pour Hérodote. Pablo Ruiz Picasso Málaga 1881-Mougins 1973 Il y a quelquefois une tête tellement vraie que tu peux avoir des rapports avec cette tête comme avec une vraie. Conversations avec Christian Zervos, 1935 in Cahiers d'art Commentaire Il s'agit d'un dessin. Paul Valéry Sète 1871-Paris 1945 Il est commode de couper ou de couronner une tête, mais dérisoire à la réflexion. C'est croire que cette tête enferme une Cause Première. Moralités Gallimard Georges Jacques Danton Arcis-sur-Aube 1759-Paris 1794 Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut bien la peine. Commentaire Paroles que Danton adressa au bourreau avant de mourir sur la guillotine. On sait la puissante laideur de ce visage léonin, grêlé par la petite vérole. ● tête (difficultés) nom féminin (latin testa, pot en terre cuite) Orthographe 1. À tue-tête. Attention au trait d'union. 2. En tête à tête loc. adv., s'écrit sans trait d'union : se voir en tête à tête, dîner en tête à tête. Mais on écrit avoir un tête-à-tête. Remarque Tête à tête, sans en et sans trait d'union, considéré naguère comme seul correct, est aujourd'hui vieilli : nous avons longuement parlé tête à tête. Emploi 1. On dit, on écrit : garder son chapeau sur la tête, avoir mal à la tête, se laver la tête (et non : garder son chapeau sur sa tête, avoir mal à sa tête, laver sa tête). - En revanche, on dit : garder sa tête, avoir toute sa tête (= conserver intactes toutes ses facultés mentales). 2. Mauvaise tête (= personne volontaire et obstinée, d'un caractère difficile) est une expression figée. On dit il n'y a pas plus mauvaise tête que lui (et non : il n'y a pas plus mauvaise tête que la sienne). ● tête (expressions) nom féminin (latin testa, pot en terre cuite) À la tête de quelque chose, à la place de celui qui dirige, commande : Être à la tête d'une grosse fortune ; au premier rang d'un groupe : Se trouver à la tête du cortège ; à la première place, comme leader, directeur, etc. : Être à la tête d'un groupe commercial. Avoir en tête de, projeter, avoir l'intention de faire telle chose. Familier. Avoir, attraper la grosse tête, se croire plus important que ce qu'on est ; avoir des prétentions sans rapport avec sa valeur réelle. Avoir (toute) sa tête, jouir de toutes ses facultés intellectuelles, être lucide. Familier. Avoir ses têtes, montrer du parti pris dans ses sympathies ou ses antipathies à l'égard des autres. Avoir une idée derrière la tête, avoir une intention, un projet qu'on ne dévoile pas ouvertement. Avoir une tête à, avoir une physionomie qui porte à croire que l'on est destiné à se comporter de telle ou telle façon. Bal, dîner de têtes, réunion où les participants se sont déguisés pour ressembler à tel ou tel personnage. Coup de tête, action décidée brusquement, sans réfléchir. De la tête aux pieds, de haut en bas, sur tout le corps. De tête, mentalement, sans faire usage de l'écriture. Familier. En avoir par-dessus la tête de quelque chose, de quelqu'un, en être excédé, ne plus pouvoir le supporter. Enfoncer, mettre quelque chose dans la tête de quelqu'un, l'en persuader. Familier. Faire la tête, bouder, être de mauvaise humeur. Familier. Une grosse tête, personne très savante, très cultivée. Homme, femme de tête, personne intelligente et décidée. La tête la première, la tête en bas, dans une chute ; avec témérité, sans précaution. Lever, redresser la tête, prendre, reprendre de l'assurance, de la confiance en soi, agir de nouveau avec le sentiment de sa force. Monter à la tête (à quelqu'un), (l')étourdir, (le) griser ; (lui) troubler la raison. Monter la tête à quelqu'un, l'exciter, lui inspirer des sentiments d'hostilité contre quelqu'un. N'en faire qu'à sa tête, agir à sa guise. Ne pas avoir de tête, être très étourdi, oublier tout. Par tête ou, familièrement, par tête de pipe, par personne. Perdre la tête, perdre son sang-froid, s'affoler. Se mettre dans la tête, en tête de, que, prendre la résolution de faire quelque chose et s'y tenir obstinément, se persuader, se convaincre que. Se taper la tête contre les murs, s'efforcer désespérément de sortir d'une situation sans issue. Tenir tête à quelqu'un, s'opposer à ses volontés, lui résister. Tête à tête, en tête à tête, seul avec son interlocuteur, seul à seul. Familier. Tête blonde, enfant. Familier ou populaire. Tête de + nom, forme des expressions plus ou moins désobligeantes ou injurieuses appliquées à quelqu'un. Tête de mort, squelette d'une tête humaine ; emblème représentant un crâne humain. Familier. Tête d'œuf, intellectuel. Tête de Turc, personne que l'on prend pour cible de ses plaisanteries, de ses railleries. Tête en l'air, étourdi. Tête pressée, en Belgique, fromage de tête. Tête sans cervelle, tête de linotte, tête d'oiseau, esprit léger, irréfléchi, inconséquent. Tourner la tête à quelqu'un, lui faire perdre le sens des réalités ; le rendre amoureux. Tête d'impression, sur certaines machines à écrire, sphère métallisée portant en relief les caractères nécessaires à la frappe. Tête nucléaire, synonyme de ogive nucléaire. Tête de lecture, synonyme de cellule phonocaptrice. Tête magnétique, transducteur électromagnétique destiné à assurer une fonction d'enregistrement, de lecture ou d'effacement. Tête de puits, ensemble des dispositifs installés à l'entrée d'un puits. (Pour les puits en production, on dit aussi tête de production et, dans le cas de puits éruptifs, arbre de Noël.) Têtes rondes, surnom donné, lors de la révolution anglaise de 1642, aux partisans puritains du Parlement, qui portaient les cheveux coupés court, alors que la mode était aux longues boucles. Tête de lecture, dispositif qui se déplace à la surface d'un support de stockage magnétique ou optique pour lire les informations qui y sont codées. Tête de bielle, extrémité de la bielle qui s'articule sur un maneton du vilebrequin. Tête d'usinage, unité permettant de mettre en rotation une broche, et de lui donner son mouvement d'avance (tête de perçage, d'alésage, de taraudage, etc.). À ou avec soupapes en tête, se dit de la disposition des soupapes inversées placées dans la culasse amovible constituant la « tête » des cylindres. Tête de pont, zone occupée par une force militaire en territoire ennemi, au-delà d'un fleuve ou de la mer, en vue d'un franchissement ou d'un débarquement ultérieur du gros des forces. Tête de lit, chevet, dosseret. Voix de tête, registre aigu de la voix humaine utilisant les cavités supérieures de l'appareil vocal pour faire résonner les sons. Tranche de tête, tranche du haut d'un livre. Tête de série, concurrent (ou équipe) que ses performances antérieures désignent pour rencontrer un adversaire présumé plus faible lors des premières rencontres d'une épreuve éliminatoire. Tête de réseau, installation qui permet, dans un réseau câblé, de recevoir les programmes de télévision extérieurs et d'émettre les programmes produits localement. Tête de ligne, endroit d'où part une ligne de transport. Faire tête, se retourner contre les chiens et se défendre en parlant du cerf et du sanglier. ● tête (homonymes) nom féminin (latin testa, pot en terre cuite) en-tête nom masculin têt nom masculin tète forme conjuguée du verbe téter tètent forme conjuguée du verbe téter tètes forme conjuguée du verbe téter tette nom féminin thête nom masculintête (synonymes) nom féminin (latin testa, pot en terre cuite) Boîte crânienne de l'homme, en particulier le cerveau ; crâne
Synonymes :
- crâne
Visage, expression dont les traits traduisent les sentiments, les tendances...
Synonymes :
- bille (familier)
- binette (familier)
- bobine (populaire)
- bouille (familier)
- gueule (populaire)
- trombine (populaire)
- tronche (populaire)
Jugement, perspicacité, présence d'esprit, sang-froid
Synonymes :
Personne ou groupe qui conçoit, qui dirige intellectuellement
Synonymes :
Partie supérieure de quelque chose
Synonymes :
- faîte
Contraires :
Partie antérieure ou initiale de quelque chose, notamment dans une chose...
Synonymes :
- début
Contraires :
- arrière
- fin
Premier rang, première place d'un classement
Contraires :
Pétrole. Fraction la plus légère, ou la plus volatile, d'un mélange...
Contraires :
Perdre la tête
Synonymes :
Défense. Tête nucléaire
Synonymes :
- ogive nucléaire
Électroacoustique. Tête de lecture
Synonymes :
- cellule phonocaptrice
Synonymes :
- Bâtiment. talon

Tete
v. de l'E. du Mozambique, sur le Zambèze; env. 80 000 hab.; cap. de la province du m. nom.

⇒TÊTE, subst. fém.
I. — [Chez les êtres vivants]
A. — [Désigne une partie du corps]
1. [d'un être hum.]
a) Partie supérieure du corps humain de forme arrondie qui est rattachée au thorax par le cou, composée de deux parties (le crâne et la face), qui contient l'encéphale, les principaux organes des sens et l'extrémité supérieure des voies respiratoires et digestives. Synon. vx chef; pop., arg. caboche, cafetière, calebasse, carafe, carafon, cassis1, ciboulot, citron, citrouille, coloquinte, margoulette, tirelire. Une des têtes se retourna, et Mariolle (...) aperçut une figure claire, blonde, un peu rousse (...). Le nez fin et retroussé faisait sourire ce visage (MAUPASS., Notre cœur, 1890, p. 310). C'était effroyable, le sol bouleversé (...), des morts renversés en tous sens, dans d'atroces postures, les bras tordus, les jambes repliées, la tête déjetée, hurlant de leur bouche aux dents blanches, grande ouverte (ZOLA, Débâcle, 1892, p. 429).
♦ [P. oppos. à voix de poitrine] Voix de tête. Voix de registre aigu produite par la vibration de la partie ligamenteuse des lèvres de la glotte; p. ext., voix aiguë et forte. Synon. voix de fausset (v. fausset1). [Philomène] était délicieusement chatouillée, à vêpres, par une voix de chanteur, élancée, grêle et tendue, une voix de tête, déchirante et tendre (GONCOURT, Sœur Philom., 1861, p. 54).
♦ Subst. (désignant gén. un objet en tissu) + de tête. [Pascalon] trouva Tartarin installé sur le divan du petit salon, à l'aise, en caleçon de flanelle, et foulard de tête, comme chez lui à Tarascon (A. DAUDET, Port-Tarascon, 1890, p. 236). Tiré de son assoupissement sur le chemin de tête en fausse dentelle, l'occupant du coin (...) fournit au représentant de la compagnie une de ces bandes de papier surchargées de crayon gras (H. BAZIN, Vipère, 1948, p. 222).
) Locutions
— [La tête en tant qu'extrémité supérieure d'une pers.]
Avoir la tête sur les épaules. V. épaule I B 1 d. Couper la tête à qqn. V. couper I A 1 e. En avoir par-dessus la tête. V. dessus1 I B 2 c. Avoir la tête (enfoncée) dans les épaules. Avoir le cou excessivement court. Son portrait en buste dans la galerie des Illustres, la tête enfoncée dans les épaules, comme Tiraqueau à Poitiers (MICHELET, Journal, 1835, p. 214).
Des pieds à la tête; de la tête aux pieds. V. pied 1re Section I C 3 b.
Pop. Faire une grosse tête, une tête au carré à qqn; mettre la tête au carré. Lors d'une bagarre, donner une correction à quelqu'un en frappant de préférence à la tête. Synon. pop. casser la gueule, passer à tabac, se faire tabasser. Il se fout de notre gueule, la lopette. Je vais lui faire une grosse tête (H. JAOUEN, La Mariée rouge, 1983 [1979], p. 43 ds BERNET-RÉZEAU 1989).
Au fig. Donner, en mettre sa tête à couper. Être absolument certain, convaincu de quelque chose. Synon. donner sa main à couper, mettre sa main au feu. Je me levai à trois heures et demie du matin, ma tête à couper que le sommeil et moi feraient deux jusqu'au jour quelle que dût être mon obstination à ramer dans la literie (R. BELLETO, Le Revenant, 1984 [1981], p. 475).
— [Indiquant un mouvement, une position de la tête]
Tête basse. V. bas1 I A 3 c. Tête droite. V. droit2 I B 2 a . Tête haute. V. haut1 I A 6. Baisser, courber la tête. V. courber I B.
Rouler, tomber cul par-dessus tête. V. cul I A 1. Donner tête baissée, tête basse dans qqc. V. bas1 I A 3 c. Se jeter tête baissée contre, sur qqc. V. jeter IV A 2.
Tête (à) droite, tête (à) gauche. Commandement militaire indiquant la position que doit prendre la tête; p. ext., mouvement latéral, répété de la tête. [Le vieil homme] les aimait, ces soldats, non comme guerriers, mais comme pauvres gens, et, devant les marmites où cuisait leur soupe, il semblait dire, par ses multiples et vifs tête-à-droite, tête-à-gauche:C'est pas ça, c'est pas ça (RENARD, Lanterne sourde, 1893, p. 11).
Piquer une tête. Se jeter, partir la tête la première. En partic. Piquer une tête (dans l'eau). Plonger, se précipiter à l'eau. Je piquai une tête pour sauver Modigliani qui naturellement ne savait pas nager (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 200).
Donner de la tête contre. Se cogner la tête contre quelque chose. Un soir l'électricité s'éteignit: une panne; on m'appela d'une autre pièce, j'avançai les bras écartés et j'allai donner de la tête contre un battant de porte si fort que je me cassai une dent (SARTRE, Mots, 1964, p. 194).
Se jeter la tête la première, tête baissée. Se précipiter. D'un seul coup, d'un seul bond, aussi précis et réglé qu'une trajectoire mathématique, elle se jeta la tête la première dans le gouffre (PERGAUD, De Goupil, 1910, p. 161). Au fig. Se jeter la tête la première, tête baissée. Faire quelque chose précipitamment, sans réfléchir. Quand il faut que je me livre à l'action, je me jette dedans tête baissée (FLAUB., Corresp., 1871, p. 317).
Au fig., fam. Être tombé sur la tête. Être fou, dérangé. C'est vous qui êtes tombée sur la tête, Barbara (AYMÉ, Mouche, 1957, p. 28).
) En partic. Tête, une fois qu'elle est séparée du corps. L'agent a essayé la transmission d'une image souvenir: la tête d'un nègre au bout d'une pique, nègre tué pendant la campagne de Madagascar (WARCOLLIER, Télépathie, 1921, p. 272):
1. Tous les étudiants étaient disposés autour des tables d'ardoise et dépeçaient des têtes humaines, pour apprendre l'anatomie de la face. En général, on ne leur donne pas des têtes entières, ce serait du gaspillage. On scie par le milieu des têtes dont on a rasé, au préalable, tout le poil (...). Eh bien, posées à plat, comme des médailles, décolorées par les antiseptiques, détendues par la mort, toutes ces moitiés de têtes se ressemblent affreusement. Ce que j'ai vu là, c'est l'effigie humaine.
DUHAMEL, Confess. min., 1920, p. 167.
Chasseurs de têtes. Peuplades aux mœurs primitives qui ont coutume de conserver la tête de leurs ancêtres ou d'hommes tués lors d'un combat, d'une expédition. La danse d'hommage aux victimes est déjà, dans le cas des chasseurs de têtes, un hommage aux morts (CUISINIER, Danse sacrée, 1951, p. 80).
Réducteur de tête. V. réducteur II 3.
SYNT. Tête aplatie, arrondie, baissée, courbée, inclinée, penchée; tête en poire; côté, derrière, devant, haut, sommet de la tête; artère(s), veine(s) de la tête; muscle(s), squelette, os de la tête; port de tête; avancer, bouger, dresser, hocher, incliner, lever, pencher, relever, remuer, renverser, secouer, (dé)tourner la tête; acquiescer, approuver, branler, dodeliner de la tête; donner un coup sur la tête; avoir les yeux à fleur de tête; marquer la mesure avec sa tête; laisser baller sa tête; se prendre la tête entre les mains; se cogner, appuyer la tête contre qqc.; jeter qqc. à la tête de qqn; branlement, hochement, mouvement de tête.
b) P. méton.
) Boîte crânienne, crâne. Tête casquée, encapuchonnée; avoir la tête écrasée; avoir qqc. sur la tête; tour de tête. Je ne lui marchandais ni mes forces, ni ma vie [à mon chef] (...), et quand les gendarmes lui ont cassé la tête, je me suis trouvé tout d'un coup comme un orphelin (AYMÉ, Vogue, 1944, p. 166).
Nu-tête; tête nue. Le crâne découvert. Je suis sûr qu'ils l'ont obligé aux deux choses dont il a le plus horreur: se promener dans les rues tête nue et porter des bretelles (GIRAUDOUX, Siegfried, 1928, II, 1, p. 62).
Coup de tête. Coup donné avec la partie supérieure du crâne, avec la partie qui se trouve au-dessus de l'arcade sourcilière. (Dict. XXe s.).
SPORTS (footb.). Coup donné dans le ballon avec le front pour le contrôler, le passer à un partenaire ou pour marquer un but. P. ell. Faire une tête (Dict. XXe s.).
Au fig. V. infra I B 1 a loc.
Loc. fig.
Fendre, rompre la tête de qqn. V. fendre A 2 a .
Casser la tête de qqn. Fatiguer quelqu'un par un comportement trop bruyant, par des paroles incessantes. Synon. fam. casser les pieds. Le soir, le gamin cassait la tête de sa mère avec des histoires sur son bon ami Florent. Le bon ami Florent avait dessiné des arbres et des hommes dans des cabanes. Le bon ami Florent avait un geste, comme ça (ZOLA, Ventre Paris, 1873, p. 726).
(C'est à) se taper, se cogner la tête contre les murs. Se heurter à des difficultés insurmontables, à des situations désespérées, inextricables. — (...) gagner cinq mille francs, après huit années de zèle (...) c'est à désespérer de l'existence.C'est monstrueux, interrompit la jeune femme, c'est à se casser tout de suite la tête contre un mur (ZOLA, Fécondité, 1899, p. 31). Dans quoi nous sommes-nous fourrés! C'est à se taper la tête contre les murs! (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p. 137).
En partic. Cerveau, en tant que siège de sensations, d'impressions physiques. Souffrir d'un mal à la/de tête; avoir des douleurs de tête; serrement de tête. Je travaille maintenant énormément, si bien que j'ai un mal de tête continu, à force de lire (FLAUB., Corresp., 1871, p. 285):
2. ... il m'a pris, hier, une de ces fatigues subites, qui me laissent, durant un assez long temps, à peu près incapable d'effort aussi bien physique qu'intellectuel (...). Ce qui me retient de m'alarmer de ces défaillances, c'est que (...) je les ai connues de tout temps. Durant ma jeunesse, elles étaient accompagnées de maux de tête dont, par la suite, je n'ai plus du tout souffert.
GIDE, Journal, 1944, p. 261.
Avoir la tête lourde. Ressentir des douleurs dans le cerveau qui donnent une impression de pesanteur. Le poëte, s'éveillant avec la bouche sèche et la tête lourde (...) plongea sa tête dans l'eau fraîche et, comme si cette immersion eût opéré une condensation subite dans son cerveau embrumé de fumées vineuses, tout à coup il se souvint (THEURIET, Mariage Gérard, 1875, p. 158).
Monter, porter à la tête. Être entêtant, grisant. Les plaines étaient couvertes de javelles et de meules de foin, dont l'odeur me portait à la tête sans m'enivrer (NERVAL, Filles feu, Sylvie, 1854, p. 610). Ce vin-là ne vous montera jamais à la tête (ERCKM.-CHATR., Ami Fritz, 1864, p. 37).
Avoir la tête qui tourne. Avoir des étourdissements, des vertiges. Elle avait merveilleusement chaud, la tête lui tournait de fatigue, d'alcool (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p. 91).
) Visage, en tant que les traits reflètent les sentiments, le caractère, l'état d'une personne. Tête bizarre, comique, romantique, sympathique; belle tête. Cet amoureux avait de bien beaux yeux, une barbe épaisse et longue en éventail (...) enfin une véritable tête antique (BALZAC, Secrets Cadignan, 1839, p. 315). Il avait une de ces belles têtes « numismatiques », qui semblent faites pour être frappées en médailles (VERNE, Île myst., 1874, p. 10).
(Avoir) une bonne tête (fam.). Avoir un visage sympathique, qui inspire confiance. Du Roy le considérait, lui trouvant une bonne tête (MAUPASS., Bel-Ami, 1885, p. 281).
Avoir une sale tête (fam.)
Avoir un visage antipathique qui n'est pas agréable à regarder. Fontan était un vrai singe, avec son grand nez toujours en branle. Une sale tête! (ZOLA, Nana, 1880, p. 1307).
Avoir l'air fatigué, en mauvaise santé. Tu as une sale tête, il paraît que tu bois beaucoup, c'est la rumeur publique qui le dit (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p. 189).
Avoir une tête qui ne revient pas (à qqn) (fam.). Avoir une tête qui généralement est considérée comme antipathique. Il ne voulait pas que les éloges de Paradis amenassent Petit-Pouce à l'avoir dans le nez, lui Pierrot, et que sa petite tête, à lui Pierrot, finisse par ne plus lui revenir, oh mais plus du tout, à lui Petit-Pouce (QUENEAU, Pierrot, 1942, p. 9).
Avoir ses têtes. Manifester à quelqu'un de l'amitié, de la bienveillance ou de l'aversion sans raisons objectives, sans motifs précis. Cette femme-là, elle avait ses têtes (G. CHEVALLIER, Clochemerle, 1937 [1934], p. 185 ds ROB. 1985).
Faire une tête d'enterrement, une tête de six pieds de long (fam.). Être triste, abattu. (Dict. XXe s.).
Faire une (drôle de) tête (fam.). Manifester, par son expression, le désappointement, la colère, le mécontentement ressenti. Le facteur des recommandés (...) fit une drôle de tête car je n'avais pas un sou de pourboire à lui donner (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 201):
3. ... un pape qu'est-ce que c'est
un affreux vieillard
et c'est pour ça que le catholique pratiquant lorsqu'il se rend au cinématographe parlant pour voir documentairement le vrai visage du Vatican... c'est pour ça qu'il fait une drôle de tête le catholique pratiquant
ce qu'il imaginait (...) c'était un pape... un homme de nuages...
PRÉVERT, Paroles, 1946, p. 136.
Faire la tête. Manifester par une expression fermée du visage son mécontentement, sa mauvaise humeur; bouder. Synon. faire la moue, la gueule (vulg.). Elle haussait les épaules avec mépris, répétant:(...) Deviens ministre; et tu pourras faire la tête. Jusque-là, tais-toi (MAUPASS., Bel-Ami, 1885, p. 291). Alban était encore à l'âge où cela vous impressionne qu'on vous fasse la tête: cela lui passera (MONTHERL., Bestiaires, 1926, p. 510).
Se payer la tête de qqn (fam.). Se moquer d'une personne, la mystifier. Vous vous êtes payé ma tête, comme vous dites dans votre abominable argot de boulevardier, en me faisant charger à fond ce scélérat de Hefner (BOURGET, Cosmopolis, 1893, p. 24). Mlle Aimée Lanthenay, qui nous donne des leçons, ne parle pas l'anglais avec une pureté excessive, je m'en doute. De sorte que, tout à l'heure, cet imbécile de professeur se paiera ma tête puisque je ne prononce pas mieux, moi! (COLETTE, Cl. école, 1900, p. 225).
Fam. Avoir une tête à
Avoir une tête à + inf. Avoir une physionomie qui correspond, qui est en harmonie avec telle activité. Avoir une tête à tromper les gens. Y'en avait qu'étaient un peu au-dessus de moi, ils avaient des galons (...) ils me disaient: « Allons! Enlève-toi d'là, avec ta tête à vendre des lacets (...) » (F. RAYNAUD, Heureux! 1976 [1975], p. 205 ds BERNET-RÉZEAU 1989).
Avoir une tête à + subst. (désignant ce que la tête mérite de recevoir, gén. un coup). Avoir une tête à gifles. Marraine disait que j'avais « une tête à claques », et ça n'est pas impossible. Il y a des visages de gosses qui appellent les coups, cela dépend de l'angle où l'on se trouve (J. LANZMANN, Le Têtard, 1976, p. 80).
Avoir une tête à ça. Emma: Oui! mais vous n'en avez pas moins été l'amant de madame Bocardon! (...) Vernouillet, riant: Ce pauvre M. Bocardon!... Du reste, il a bien une tête à ça! (LABICHE, Célimare, 1863, III, 7, p. 118).
Péj. [Formant des expr. dévalorisantes et fréq. injurieuses pour caractériser une pers.] Avoir une tête de + subst.
♦ [Le subst. désigne un animal] Avoir une tête de chèvre, d'oiseau, de perroquet, de rat. Là, tous les types de la force agile ou brute, depuis le gros marchand de vin (...) jusqu'aux types de petits voyous à tête de chat ou de petits maquereaux (GONCOURT, Journal, 1860, p. 727). Montparnasse devint le refuge de la révolution sociale. L'esthète bolchevik Lounatcharsky y discutait de la beauté selon les formules de Karl Marx, Trotsky y jouait aux échecs avec sa tête de congre américain (FARGUE, Piéton Paris, 1939, p. 169).
♦ [Le subst. désigne une pers. en tant que caractéristique d'une activité connotée négativement; désigne une collectivité, une pers. dont la physionomie reflète la faible capacité intellectuelle] Tête d'assassin, de cocu, d'imbécile, d'ivrogne, de mouchard; tête de boche, de flamand. Chilly, qui porte sur son visage rasé et tiré le masque mou d'un pédéraste sur une tête d'usurier (GONCOURT, Journal, 1860, p. 717). Desrais m'interpella d'un ton maussade et, me montrant le buste:Si tu crois que c'est rigolo, quand on se met au lit, d'être surplombé par cette tête d'abruti (A. FRANCE, Vie fleur, 1922, p. 423).
Vulg. [Injure] Tête de nœud. Il ne faudrait tout de même pas nous prendre pour des poires, hé, tête de nœud (CENDRARS, Main coupée, 1946, p. 192).
Avoir la tête de l'emploi. Avoir un visage qui correspond tout à fait à la profession, à l'activité exercée. P. plaisant. Alors vous avez vu notre assassin? Comment le trouvez-vous? Tout à fait la tête de l'emploi (AYMÉ, Tête autres, 1952, p 210).
En partic. Tête grimée, parée de façon à ressembler à quelqu'un de connu, à se faire une physionomie particulière, précise. Bal, dîner de têtes. Pour se faire une tête, il se coupait soigneusement les cheveux à tort et à travers, afin que çà et là une mèche droite et protestante pût indiquer l'excentricité de ses pensées et l'audace de ses intentions (RENARD, Journal, 1889, p. 37). On est prié de se costumer ou de se faire « une tête » (GYP, Province, 1890, p. 173).
c) P. méton. Personne, individu. Je me souviens d'une chanoinesse de Clai, que l'on était bien plus sûr de trouver à Spa qu'à son chapitre. Par trente-six printems sur sa tête amassés, ses modestes appas n'étaient point effacés (JOUY, Hermite, t. 4, 1813, p. 119). Aujourd'hui (...) je réunis les plus nobles têtes du pays... des têtes égales à la mienne (BAYARD, Fille régim., 1840, II, 3, p. 331).
Têtes couronnées.
Tête blonde. Jeune enfant. Au réveil, on embrasse toutes ces chères têtes blondes!Avec quelle douce mélancolie ne presse-t-on pas contre son cœur ces gais espiègles! (VILLIERS DE L'I.-A., Contes cruels, 1883, p. 238).
Loc. adv. ou subst. masc. inv.
Tête à tête, en tête à tête. [En parlant de deux pers. qui se retrouvent sans témoin] Face à face. Tête à tête amoureux. Je déclare formellement que je ne veux plus d'un mari qui passe ses journées en tête-à-tête avec des demoiselles dans cette tenue-là (A. DAUDET, Femmes d'artistes, 1874, p. 169). Il ne m'est guère possible de parler à plus d'une personne à la fois. Je ne m'entends avec les êtres humains que tête à tête. Dès qu'ils sont deux ou en groupe, je ne sais que leur dire (...) La confidence, l'indiscrétion sont le fruit du tête à tête (GREEN, Journal, 1955, p. 133).
P. anal. Je ne connais rien de tous ces gens-là, (...) j'ai une telle habitude du tête-à-tête avec moi-même (LÉAUTAUD, Journal littér., 1, 1903, p. 67). Tête à tête avec la mort, avec la vérité, avec le souvenir de qqn. Personne ne s'amuse plus (...) à puiser dans ce tête-à-tête avec l'objet, sans hâte et sans utilité prochaine, une certaine science de soi-même, de la manœuvre combinée de son intellect, de son désir, de sa vue et de sa main à propos d'une chose donnée (...) et le public absent (VALÉRY, Degas, 1936, p. 105).
Tête(-)bêche.
Par tête. Par personne. À compter d'aujourd'hui, vous n'aurez qu'une table de quatre personnes, une bouteille de vin par tête (DUMAS père, Napoléon, 1831, VI, 22e tabl., 2, p. 144). Vous verrez un dîner qui coûterait quarante francs par tête chez Baleine, du Rocher de Cancale, et même à ce prix Baleine ne serait pas sûr de réussir (STENDHAL, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 212).
Fam. Par tête de pipe, de veau. Le peuple, à qui fut accordé par les radicaux le privilège exorbitant d'avoir par tête de pipe autant de droits civils et politiques qu'un Rezeau (H. BAZIN, Vipère, 1948, p. 113). Mon vieux, lui a dit notre président, si vous faites ça, je vous paie une partie de bowling et un dîner de vingt dollars par tête de veau (AYMÉ, Mouche, 1957, p. 248).
HIST. Vote par tête. Mais les trois ordres, tels qu'ils sont constitués, pourront-ils se réunir pour voter par têtes? Telle est la véritable question. Non. À consulter les vrais principes, ils ne peuvent voter en commun, ni par têtes, ni par ordres (SIEYÈS, Tiers état, 1789, p. 50).
Sur la tête de. Sur la personne de. Voilà que tout me retombe sur la tête, parce qu'un vrai personnage de ballets russes s'est avisé de me suivre pas à pas, comme on suit le dompteur, dans l'espérance de le voir mangé (BERNANOS, Joie, 1929, p. 668). Au bénéfice de quelqu'un. Mettre de l'argent, prendre une assurance sur la tête de qqn. Ah! si vous vouliez m'aider à me venger, reprit l'ancien négociant, je placerais dix mille francs en viager sur votre tête (BALZAC, Cous. Bette, 1846, p. 112). Elle avait réussi à maintenir sur la tête de l'enfant la petite rente mensuelle de trente francs (ZOLA, Fécondité, 1899, p. 532).
Jeter qqc., qqn à la tête de qqn. Se jeter à la tête de qqn.
Arg. Se taper la tête. Faire un bon repas. Synon. se taper la cloche (v. cloche1 C 3). Mais dites-moi donc à quoi il peut servir not' député, un gros salaud qu'est déjà millionnaire et qui se tape la tête avec l'argent du Populo? (AYMÉ, Brûlebois, 1926, p. 125).
DR. [P. oppos. à succession par souche] Succession par tête. Succession individuelle (d'apr. DUPIN-LAB. 1846).
P. méton. Vie d'une personne. Jouer, risquer sa tête; répondre de qqn, de qqc. sur sa tête. Vous disiez vrai, l'enjeu Est important, marquis, votre tête est en jeu (DUMAS père, Christine, 1830, III, 1, p. 242). Les époques troublées font perdre beaucoup de temps. La moitié de la vie se passe à sauver sa tête. Autant d'indisponible pour les choses importantes (MONTHERL., Malatesta, 1946, I, 4, p. 444).
Demander la tête de qqn. Demander la mort, la condamnation à la peine capitale pour un accusé. Ces bonnes gens demandent ma tête, ils me croient sorcier; tous ceux qui disparaissent de la ville, c'est moi, Vésalius, qui les fais enlever pour mes expériences (BOREL, Champavert, 1833, p. 70).
Mettre à prix la tête de qqn. Offrir une récompense pour la capture, la mort de quelqu'un. Je le sais, ma tête est à prix, par les coquins qui sont au timon des affaires de l'État; cinq cents espions me cherchent jour et nuit (MARAT, Pamphlets, C'en est fait de nous, 1790, p. 201). La tendance communiste se marque chez Anna Seeghers contant l'histoire d'une révolte de pêcheurs, décrivant les manifestations à Berlin contre les ouvriers qu'on pourchasse, qu'on bannit, dont on met la tête à prix (Arts et litt., 1936, p. 48-5).
♦ [Expr. qui atteste de la vérité de qqc., de la certitude d'un fait] Jurer sur la tête de qqn. Je viens de causer avec lui, et je vous jure sur la tête de mon père qu'elle lui est aussi indifférente que s'il ne lui avait jamais parlé (ABOUT, Roi mont., 1857, p. 282). Si tu parles, si tu fais un seul pas vers moi, je me jette par cette fenêtre. Je te le jure, Hémon. Je te le jure sur la tête du petit garçon que nous avons eu tous les deux en rêve, du seul petit garçon que j'aurai jamais (ANOUILH, Antig., 1946, p. 159).
Tête-Dieu.
d) Partie supérieure de la tête, où poussent les cheveux. Tête chauve, ébouriffée, frisée, tonsurée; tête blanche, blonde; avoir la tête sale, grasse. Quelques têtes soigneusement poudrées, des queues assez bien tressées annonçaient cette espèce de recherche que nous inspire un commencement de fortune ou d'éducation (BALZAC, Chouans, 1829, p. 6). Ceux qui se distinguaient dans le combat se faisaient raser la tête, en signe de virilité (LOWIE, Anthropol. cult., trad. par E. Métraux, 1936, p. 251).
HIST. [Pendant la Révolution anglaise de 1642] Tête(-)ronde. Partisan de Cromwell, partisan du Parlement qui portait les cheveux coupés court. Pendant vingt-cinq ans, vêtu de l'habit de tête-ronde et serré par le ceinturon de cuir fauve de Mordaunt, il avait reculé, avec une allure de scorpion blessé, devant la colichemarde de d'Artagnan (COPPÉE, Contes en prose, 1882, p. 314). P. anal. Halifax: (...) oui, je suis un peu protestant. Sir John: Je m'en suis toujours douté, je t'ai toujours soupçonné d'être tête ronde, au fond (DUMAS père, Halifax, 1842, II, 6, p. 56).
Au fig., fam. Laver, savonner la tête de qqn. Faire de violents reproches à quelqu'un. Synon. passer un savon. — (...) Mais je saurai me défendre, moi et les miens, et je vais de ce pas laver la tête à ces péronelles...Bonté divine! s'écria l'abbé, ne faites pas d'esclandre, mon ami!... Hélène est ma filleule; laissez-moi mener cette affaire et morigéner la jeune fille (THEURIET, Mariage Gérard, 1875, p. 117). Si elle savait comme ils [les professeurs] sont méprisés par les chefs mêmes (...) qui, quand une mère riche se plaint, répondent: « N'ayez peur: je lui laverai la tête! » (VALLES, J. Vingtras, Enf., 1879, p. 173). Lavage de tête. Un lavage de tête, aussi un savon ferme, courtois, bref à un sous-chef (ARNOUX, Double chance, 1958, p. 144).
Faire dresser les cheveux sur la tête. V. cheveu I C.
2. Partie du corps de certains animaux.
a) Partie antérieure ou supérieure des animaux à station verticale, à symétrie bilatérale, qui porte les principaux organes sensoriels, les cellules nerveuses et généralement la partie supérieure et l'orifice de l'appareil digestif. Tête de bélier, de chat, de chien, de poisson, de sanglier, de singe. Les superbes animaux [des chevaux] (...) relevèrent l'encolure et rejetèrent de côté leurs belles têtes fières, au regard mobile, ombragé de crins (CHÂTEAUBRIANT, Lourdines, 1911, p. 234):
4. ... elle dressait en face du busard sa petite tête fine où brasillaient les diamants de ses yeux, sa tête plate de bête féroce montrant dans sa gueule ouverte pour mordre et pour saigner la double rangée brillante et pointue de ses dents, immobile, les babines troussées, le nez froncé, les pointes des moustaches tendues en avant, terrible...
PERGAUD, De Goupil, 1910, p. 112.
Spécialement
) ART CULIN. Morceau de boucherie, de charcuterie correspondant à la tête de certains animaux d'élevage. Tête de mouton, de porc (roulée), de veau. La belle Lisa resta debout dans son comptoir [de la charcuterie] (...) Devant elle, s'étalaient (...) la tête de cochon noyée de gelée, un pot de rillettes ouvert et une boîte de sardines dont le métal crevé montrait un lac d'huile (ZOLA, Ventre Paris, 1873, p. 666). La tête de veau doit être échaudée, dégorgée, désossée (...), passée au citron avant d'être cuite, enveloppée d'un linge, dans un blanc, en même temps que la langue (Ac. Gastr. 1962). Fromage de tête.
Région. (Canada). Tête fromagée. V. fromage B rem.
) MYTH. Aigle à deux têtes; les sept têtes de l'Hydre (de Lerne); tête de furie. Tel je le voyais [l'Empereur], tel le voyait un peuple immense, pétrifié par ce grand visage, comme par la tête de Méduse (A. FRANCE, Vie fleur, 1922, p. 341).
) HIPP. [À propos d'un cheval] Avoir une pelote, une liste en tête. Avoir une tache, une flamme blanche sur le chanfrein. (Dict. XIXe et XXe s.).
Tête-à-queue. Mettre la tête au mur. Tourner la tête du cheval contre le mur du manège, le cheval se déplaçant latéralement dans la direction de son regard (d'apr. PETIOT 1982).
) FAUCONN. Faire la tête à un oiseau. Habituer un oiseau au chaperon. (Dict. XIXe et XXe s.).
) PÊCHE. Tête de poisson. Plomb, cuiller en forme de tête de poisson dans la pêche au lancer. (Dict. XXe s.).
) VÉN. [À propos d'un cervidé, d'un sanglier ou plus gén. d'une bête sauvage] Faire tête. Lutter tête contre tête; p. ext., se retourner contre les chiens, se défendre. Aussitôt des piqueurs effarés arrivèrent à eux en criant confusément que le sanglier avait fait tête et renversé madame Delmare (SAND, Indiana, 1832, p. 140). Le long corps musculeux d'un lézard surpris qui fait tête au bruit de la bêche (GIONO, Colline, 1929, p. 50).
P. méton. Bois ou corne des bêtes sauvages. Tête bien, mal brunie; tête chevillée, ouverte, perlée. La deuxième tête [du chevrillard] a une petite meule et le bois est déjà creusé de gouttières, il a aussi deux andouillers (...)on dit tête parce que l'animal, dont les bois tombent, en change chaque année (VIALAR, Fusil, 1960, p. 199).
Seconde, troisième, quatrième tête. Bois qui pousse la troisième, quatrième, cinquième année. Notre piqueu dira exactement si c'est un cerf (...) si c'est un faon, un daguet, un cerf à sa deuxième, troisième tête, ou un dix cors (VIALAR, Rendez-vous, 1952, p. 245).
b) P. méton. Animal considéré par rapport à un troupeau. Nous avons des troupeaux sans cesse renaissants, dont nous ne connaissons même pas le nombre de têtes (ZOLA, Fécondité, 1899, p. 739). Cet homme charmant, qui avait des centaines de têtes de bétail noble, des centaines d'hectares, et était grand d'Espagne, tira d'un coffret un chiffon noirci de cirage, et donna un petit coup à ses bottines (MONTHERL., Bestiaires, 1926, p. 443).
3. Partie du corps humain ou animal.
a) Représentation d'une tête humaine ou animale. Tête peinte, sculptée; tête d'une médaille, d'une monnaie; tête de marionnette, de poupée; tête de chien, de chat, de cheval, de lion. Vous avez sans doute vu au musée espagnol de Paris le portrait de la fille du Greco, magnifique tête que ne désavouerait aucun maître (GAUTIER, Tra los montes, 1843, p. 40). Un Bali du Caméroun modèle sur sa pipe évasée en argile une tête de nègre, non point certes pour fumer avec plus de plaisir, mais afin de faire montre de son talent de potier (LOWIE, Anthropol. cult., trad. par E. Métraux, 1936, p. 199).
ARCHIT. Tête plate. ,,Tête humaine ou animale de faible relief ornant les portails romans, en particulier en Normandie`` (VOGÜÉ-NEUFVILLE 1971).
HÉRALD. Tête humaine ou animale employée comme meuble. Les têtes de profil gardent leur nom de Têtes. De face, elles prennent le nom (masculin) de Rencontre. Les deux termes suffiront à les blasonner. Seuls, le lion et le léopard sont exempts de cette règle: de profil est le Lion; de face, le Léopard (P.-B. GHEUSI, Le Blason, 1932, p. 251). Tête de maure.
En partic. Représentation d'une tête humaine.
Vieilli. Support en forme de tête, sur lequel étaient placées les perruques pour les peigner et les boucler. J'ai assisté à la quatre cent-unième représentation d'une féerie (...) On ne peut imaginer de plus médiocres acteurs (...) Quant aux femmes, elles arrivent à ressembler exactement aux têtes de cire des perruquiers (VEUILLOT, Odeurs de Paris, 1866, p. 137).
Tête de pipe. Fourneau de pipe représentant une tête humaine, généralement une tête d'homme. Eh bien, mon vieux canard, te voilà populaire (...). On vend ta gueule en têtes de pipe et en bouteilles de liqueur (A. FRANCE, Île ping., 1908, p. 227).
Tête de Turc. Dynamomètre sur lequel on essaie sa force, dans les foires, en frappant sur une partie repré-sentant une tête coiffée d'un turban; p. anal., personne prise pour cible de critiques, de plaisanteries ou de railleries. Synon. souffre-douleur. Déjà à la Raspelière, Brichot était devenu pour les Verdurin, du grand homme qu'il leur avait paru être autrefois, sinon une tête de Turc comme Saniette, du moins l'objet de leurs railleries à peine déguisées (PROUST, Temps retr., 1922, p. 789):
5. ... avec ces gens sans esprit, prompts à la colère et aux paroles vilaines, il avait beau jeu. C'étaient ses plastrons et ses têtes de Turc. Il les affolait. Il les persécutait. Il leur faisait sentir qu'il avait toujours une chiquenaude à leur disposition dès qu'ils deviendraient grossiers.
LARBAUD, F. Marquez, 1911, p. 39.
PEINT., SCULPT. Tête d'étude, d'expression. Visage, figure travaillée sous le rapport de l'expression d'un sentiment, d'une passion. C'est ici [dans l'abus des détails] que les donneurs de touches aisées et spirituelles, les faiseurs de torse et de tête d'expression, trouvent leur confusion dans leur triomphe (DELACROIX, Journal, 1854, p. 169). Fondé par le comte de Caylus (...), le concours de la tête d'expression, l'un des deux concours annuels de l'École des Beaux-Arts, avait pour but d'encourager les jeunes gens dans « l'art de rendre l'expression des passions » (La Sculpt. fr. au XIXe s., Paris, éd. de la Réunion des musées nationaux, 1986, p. 42).
ÉQUIT. ANC. Tête de carton, de bois que des cavaliers au galop devaient abattre à la lance, à l'épée ou au pistolet dans un exercice de manège. Course de têtes. (Dict. XIXe et XXe s.).
b) Hauteur d'une tête humaine, d'une tête animale utilisée comme unité de mesure. Dépasser qqn d'une tête; gagner d'une tête; avoir une tête de plus que qqn. Sa taille [d'Hercule] (...) s'était accrue d'une demi-tête (PROUDHON, Guerre et paix, 1861, p. 16).
SPORTS. Gagner, battre d'une courte tête. Gagner, battre de très peu. P. anal. William Paul, à Londres, avait été battu d'une courte tête par Louis Lumière pour ses premières représentations (SADOUL, Cin., 1949, p. 13).
B. — [La tête en tant que siège de l'activité cérébrale, ou considérée du point de vue des activités intellectuelles et du psychisme]
1. a) Faculté intellectuelle, intelligence, esprit, réflexion. Synon. cerveau, cervelle. Pensez-vous que pour quelqu'un qui travaille de tête... qui est obligé de réfléchir... de méditer, ce soit bien agréable d'entendre chanter toute la soirée? (KOCK, Cocu, 1831, p. 239).
— [P. allus. à MONTAIGNE, Essais, I, 26: Je voudrais aussi qu'on fût soigneux de lui choisir un conducteur qui eût plutôt la tête bien faite que bien pleine] Comme tout se tient dans une tête bien faite, voici que par le même chemin qui le rapproche des humanistes dévots, Pascal rejoint aussi les mystiques (BREMOND, Hist. sent. relig., t. 4, 1920, p. 412).
Tête + adj. (précisant la qualité intellectuelle dominante). Tête politique. Donnez-moi une femme au cœur d'artiste et à la tête philosophique, comme Mme Kockert, pour converser; et je vous tiens quitte de tous les salons (AMIEL, Journal, 1866, p. 256). Elle [Pauline] s'emportait, cherchait des arguments, restait sur le carreau, n'ayant pas la tête métaphysique, comme il le disait (ZOLA, Joie de vivre, 1884, p. 884).
Locutions
Avoir une petite tête. Être d'une intelligence médiocre, sans idées; ne pas faire preuve de beaucoup de jugement.
Pop., p. plaisant. [Sans jugement péj. concernant les capacités intellectuelles d'une pers.] Petite tête et, en appellatif, petite tête! Hugo: Vous ne fouillerez rien du tout. Slick: Te fatigue pas, petite tête, on a des ordres (SARTRE, Mains sales, 1948, 3e tabl., 2, p. 86). Marceline et moi, non seulement on est américanophiles, mais en plus de ça, petite tête, et en même temps, t'entends ça, petite tête, en même temps, on est lessivophiles. Hein? ça te la coupe, ça (...) petite tête (QUENEAU, Zazie, 1959, p. 53).
Avoir une grosse tête (fam.). Être intelligent; p. ext., être intelligent et en tirer vanité, être prétentieux. Je suis une cruche, Jill. Si, si, je suis une cruche. On me le reproche assez, de ne pas lire, et de mal parler. Ça ne me déplaît d'ailleurs pas du tout. C'est reposant de ne pas avoir une grosse tête (R. FALLET, Comment fais-tu l'amour, Cerise? 1973 [1969], p. 183). P. méton. Grosse tête. Intellectuel. Suffit les phrases!... C'est très joli de conseiller, de jouer les Gérontes, les Académies, les Grosses Têtes! (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 521).
Littér. (Avoir, être) une bonne tête. Être intelligent, doué de capacités intellectuelles certaines. Une sorte de finesse vulgaire (...) s'unissait chez elle à une volonté tenace et en faisait ce qu'on nomme une bonne tête, douée de capacité pour les affaires (FEUILLET, Sybille, 1863, p. 7). (Avoir) une forte tête. Être particulièrement intelligent, d'une intelligence brillante. La conscience des opérations de la pensée, qui est la logique méconnue dont j'ai parlé, n'existe que rarement, même dans les plus fortes têtes (VALÉRY, Variété [I], 1924, p. 232). P. méton. J'ai rêvé alors que les têtes les plus fortes, les inventeurs les plus sagaces, les connaisseurs le plus exactement de la pensée devaient être des inconnus, des avares, des hommes qui meurent sans avouer (VALÉRY, Soirée avec M. Teste, 1895, p. 17). Être une forte tête. Avoir de grandes capacités intellectuelles. V. fort1 III A 1 b.
Avoir la tête vide. Être incapable de réfléchir, de penser à quelque chose. Quand je croyais y penser, il faut croire que je ne pensais rien, j'avais la tête vide, ou tout juste un mot dans la tête (SARTRE, Nausée, 1938, p. 162).
Se casser la tête. Casse-tête.
Coup de tête. Action rapide irraisonnée, faite sous l'impulsion d'un moment. Eh bien mon ami, puisque c'est tout à fait sérieux, permettez-moi de ne pas vous répondre aujourd'hui (...) Maître est vraiment très malade, je suis moi-même troublée; et vous ne voudriez pas me devoir à une coup de tête (ZOLA, Dr Pascal, 1893, p. 139). Faire un coup de tête, agir sur un coup de tête. Se conduire de façon irraisonnée, irréfléchie, sans penser aux conséquences. Eh bien, mon enfant, dit-il en l'embrassant au front, il y a donc de la brouille dans le ménage, et nous avons fait un coup de tête? (BALZAC, Cous. Bette, 1846, p. 246). Je me suis donné cinq minutes pour réfléchir. Je n'avais pas prêté serment au gouvernement; mais je savais bien qu'en moi-même j'avais accepté de le servir. Ma décision était prise, certes, mais je ne voulais pas, à mon âge, avoir plus tard l'illusion d'avoir agi sur un coup de tête (MALRAUX, Espoir, 1937, p. 581).
Péj. Avoir une tête sans cervelle, une tête à l'évent (vx), être tête en l'air. Agir inconsidérément, sans réfléchir. — (...) Tant qu'elle était là, on ne s'y reconnaissait plus. Surtout que cette enfant-là était un peu, comment dire, tête en l'air? (AYMÉ, Jument, 1933, p. 287).
Fam. Prendre la tête. Empêcher de réfléchir, de penser à autre chose, monopoliser toute l'attention. — Je t'avais parlé de mon roman? (...)Euh oui, vaguement...Ouais. Eh bien, j'arrête. Ça me prend trop la tête (Fr. LASAYGUES, Bruit blanc, 1987, p. 124). Tu m'prends la tête avec tes gueulantes (SAPHO, Ils préféraient la lune, 1987, p. 89).
Tête d'oiseau, de moineau, de linotte. Personne étourdie, superficielle, distraite. Elle est coquette, elle est folle; mais cette tête de linotte est meublée comme celle d'un vieux bibliothécaire (A. FRANCE, Vie littér., 1888, p. 171). P. méton. Arnoux avait toujours été sans conduite et sans ordre. « Une vraie tête de linotte! Il brûlait la chandelle par les deux bouts! Le cotillon l'a perdu! (..) » (FLAUB., Éduc. sent., t. 2, 1869, p. 261).
Chasseur de têtes. Personne chargée de recruter des cadres de haut niveau. Jacques Imbert, qui a commencé sa carrière chez ITT à sa sortie de l'X, est le président d'une société en expansion: Transac (télécommunications). Un chasseur de têtes vient lui demander de prendre la direction de la Chapelle-Darblay (Le Point, 4 déc. 1978, p. 141, col. 1).
— Prép. + tête
Dans la tête, en tête. Avoir une affaire, une idée dans la tête, en tête; ressasser, rouler, tourner qqc. dans sa tête. Une espèce de femme en cire de parfumeur, aux yeux d'améthyste; une douce ruminante qui aurait dans la tête à peu près les idées d'une tulipe. Ennui mortel ici, cette année (GONCOURT, Journal, 1865, p. 177). Il a un goût de fumée dans la bouche et, vaguement, vaguement, un fantôme d'air dans la tête (SARTRE, Nausée, 1938, p. 220).
Faire entrer qqc. dans la tête de qqn. Enseigner, apprendre. Quant à l'arithmétique, trois maîtres d'école avaient successivement renoncé à me faire entrer dans la tête les quatre premières règles (DUMAS père, Comment je devins aut. dram., 1833, introd., p. 3).
Mettre du plomb dans la tête.
(Ne pas) savoir ce que qqn a dans la tête. (Ne pas) connaître les idées, les intentions de quelqu'un. On ne sait pas ce qui se passe dans la tête d'un agonisant (BERNANOS, Crime, 1935, p. 781). Je ne sais pas ce qu'elle a dans la tête, ces temps-ci, dit-il d'une voix découragée (BEAUVOIR, Mandarins, 1954, p. 191).
N'avoir qu'une idée dans la tête, en tête. Ne penser qu'à une seule chose, et agir en fonction de celle-ci. Cette puante rue des Cinq-Diamants m'effraie; le ruisseau est toujours bleu, vert ou noir. J'ai peur qu'il y périsse. Mais quand les jeunes gens ont quelque chose en tête! dit-elle à Césarine en faisant un geste qui expliquait le mot tête par le mot cœur (BALZAC, C. Birotteau, 1837, p. 166). Le grand aventurier, qui avait de la branche, de la tradition... C'est fini!... Ou alors, ils se marient!... À peine lancés, ils n'ont plus que cette idée dans la tête: se marier! (BOURDET, Sexe faible, 1931, II, p. 328).
Mettre qqc. dans la tête de qqn. Persuader quelqu'un de quelque chose; influencer quelqu'un. — (...) Je voudrais devenir, s'il y avait moyen, maréchal. Oui, j'entends, maréchal des logis dans la cavalerie.Non, ce n'est pas cela.Quoi? maréchal ferrant?Non.Propos séditieux. Tu te gâtes, Francisque. Qui diable te met donc ces idées dans la tête? tu ne sais ce que tu dis (COURIER, Pamphlets pol., Lettres partic., 1, 1820, p. 57). Se mettre qqc. en/dans la tête. Se persuader de quelque chose; imaginer quelque chose. Ne me suis-je pas mis en tête de n'épouser qu'un honnête homme? (AUGIER, Ceint. dorée, 1855, p. 340). Se mettre dans la tête que. Les blessures! on peut les guérir toutes si elles sont bien prises. Gangrène et tétanos. On peut guérir le tétanos; au Val-de-Grâce on le guérit. Il faut bien se mettre dans la tête que les blessés sont faits pour être guéris (BARRÈS, Cahiers, t. 11, 1914, p. 110).
Dans ma/ta/sa... tête. De façon purement intellectuelle, en imagination, sans concrétiser. Seul, un homme qui n'aime décidément plus sa maîtresse la quitte sans lui écrire. Je fis et refis vingt lettres dans ma tête (DUMAS fils, Dame Cam., 1848, p. 148). Tout se passa dans ma tête; enfant imaginaire, je me défendis par l'imagination. Quand je revois ma vie, de six à neuf ans, je suis frappé par la continuité de mes exercices spirituels (SARTRE, Mots, 1964, p. 92).
De derrière, par la tête
Idée qui passe par la tête. Idée qui surgit brusquement. Air, folie, soupçon qui passe par la tête. J'ai un gros livre où j'écris mes pensées, tout ce qui me passe par la tête, et je veux vous donner à lire ce que j'y ai écrit de vous dans les premiers jours que je vous ai vu (MUSSET, Confess. enf. s., 1836, p. 224). Ce que je vous raconte, jadis quand j'étais jeune, plus d'une fois il m'a passé par la tête de l'écrire (FROMENTIN, Dominique, 1863, p. 168).
Idée, pensée, combine de derrière la tête. Idée, pensée, combine qui n'est pas avouée, qui est cachée:
6. Il est probable que Henry James avait aussi son « idée de derrière la tête », savoir: que seules la qualité de l'écriture, la forme d'une œuvre d'art la défendent contre les attentats du grossier violateur, comme un vêtement si bien taillé que la main brutale qui veut déshabiller sa proie, tâtonne, cherche les boutons de pression ailleurs que là où le couturier vulgaire les eût mis.
BLANCHE, Modèles, 1928, p. 168.
De tête
Loc. adv. Mentalement. Calcul fait de tête. Magis, très décontenancé: (...) C'est un calcul (...) Si j'avais là du papier et un crayon... en cinq minutes... Mais vous avez oublié votre carnet! Désambois: C'est juste!... de tête, on ne peut pas! (LABICHE, Vivac. cap. Tic, 1861, II, 7, p. 461). On sait que Piron, par exemple, faisait toutes ses tragédies de tête et qu'il les récitait de mémoire aux comédiens (SAINTE-BEUVE, Nouv. lundis, t. 10, 1865, p. 61).
♦ [En fonction de déterm.] Femme, homme de tête. Femme, homme doué(e) d'intelligence, de volonté et d'esprit de décision. Il faut à tout prix que M. Mairobert ne soit pas élu. C'est un homme de tête (STENDHAL, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 41). Brandès, élégante, me conduit à Trouville. Elle m'a prouvé qu'elle reste (...) une femme de tête et d'ordre. Elle m'éblouit par sa façon de conduire (RENARD, Journal, 1901, p. 676).
♦ [P. oppos. à cœur] Raisonné, réfléchi, faisant peu référence aux sentiments. Oh! Modeste (...) tu as tenu moralement la même conduite que Bettina sans avoir l'excuse de la séduction; tu as été coquette à froid, et cette coquetterie-là, c'est l'amour de tête, le vice le plus affreux de la Française (BALZAC, Modeste Mignon, 1844, p. 164). Que cette passion pour ce méchant était étrange puisqu'elle était toute de tête, et n'avait pas l'excuse d'être égarée par les sens! (PROUST, Plais. et jours, 1896, p. 60).
Où ai-je la tête? [Pour exprimer l'étonnement de ne pas avoir pensé à qqc.] Ah! mon Dieu!... j'ai oublié mes bracelets! Je ne sais où j'ai la tête (LABICHE, Edgar, 1852, II, 1, p. 208).
Ne plus savoir où donner de la tête. Être débordé, avoir trop d'occupations, trop de choses à faire; être assailli par trop de sollicitations. [Cathédrale de Séville] L'on est écrasé de magnificences, rebuté et soûl de chefs-d'œuvre, on ne sait plus où donner de la tête (GAUTIER, Tra los montes, 1843, p. 330). Les fusils pétaient, des moments, à se croire revenus en guerre!... Alors, les gendarmes, tu comprends, ils ne savent plus où donner de la tête. Ils usent leurs nuits à pédaler: quand ils arrivent, c'est éteindu, mais ça s'est rallumé ailleurs (GENEVOIX, Raboliot, 1925, p. 240).
b) Mémoire. Avoir de la tête; chercher qqc. dans sa tête; jouer de tête. Pour être maître d'hôtel il ne faut pas être un imbécile; pour prendre toutes les commandes, retenir les tables, il en faut une tête! (PROUST, Sodome, 1922, p. 1026). Chaque passant inconnu était d'avance un ennemi. Des visages aperçus à peine, il ne se rappelait ni où ni quand, il les retrouvait tout à coup dans sa tête (GENEVOIX, Raboliot, 1925, p. 171).
Loc., fam. [En parlant d'une pers. ayant oublié qqc., et qui doit retourner la chercher] Quand on n'a pas de tête il faut avoir des jambes. Quand on n'a pas de mémoire il faut déployer une activité physique plus grande, il faut recommencer plusieurs fois la même chose pour ne rien oublier. (Dict. XIXe et XXe s.).
c) [Tête indiquant un état d'esprit, un état affectif] Avoir la tête à ce que l'on fait; examiner qqc. à tête reposée; monter la tête à qqn; se monter la tête; tourner la tête à qqn.
Perdre la tête. Perdre son sang-froid. Steinbock en perd la tête [du décolletage de Valérie] mais le plus ébloui, c'est encore Balzac. « C'était, dit-il, à faire baisser les yeux à tous les hommes âgés de moins de trente-cinq ans » (COLETTE, Pays connu, 1949, p. 136).
Se mettre martel en tête.
d) [Tête indiquant un état mental] Conserver toute sa tête. Je me rendis en hâte à l'hôtel du gouverneur (...) Tout y était dans la confusion, jusqu'à la tête du maître (HUGO, Bug-Jargal, 1826, p. 68). Tu es heureux de rester froid. Moi, il y a des heures où je sens ma tête qui déménage (ZOLA, Germinal, 1885, p. 1339).
(Ne plus) avoir (toute) sa tête, sa tête à soi. (Ne plus) avoir toute sa raison, son bon sens. Quand le docteur Minoret n'aura plus sa tête, cette petite sainte nitouche le jettera dans la dévotion (BALZAC, U. Mirouët, 1841, p. 10). Mon frère, qui avait vu ma frayeur de la veille à propos de sa fille, et qui m'aimait véritablement quand il avait sa tête, courut ventre à terre pour amener un médecin (SAND, Hist. vie, t. 4, 1855, p. 48).
Perdre la tête. Devenir fou, ne plus avoir de cohérence dans son comportement. [Le malade] perd d'abord la puissance d'associer des jugements, et bientôt après, celle de comparer, d'assembler, de combiner, de joindre ensemble plusieurs idées pour prononcer sur leurs rapports. On dit alors que le malade perd la tête, qu'il déraisonne, qu'il est en délire (BRILLAT-SAV., Physiol. goût, 1825, p. 254). Oh! marier ma fille et mourir!... dit la malheureuse femme qui perdit la tête (BALZAC, Cous. Bette, 1846, p. 15).
e) [Tête indiquant un trait de caractère]
Avoir la tête chaude. Se mettre facilement en colère, être d'un naturel emporté. Messieurs, ajouta-t-il, les Blésois ont la tête chaude, les messieurs comme vous autres ne traversent ordinairement la ville que de nuit (STENDHAL, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 52).
Fam. Avoir la tête près du bonnet. Être irascible, coléreux. Il avait la fine fleur de Liverpool, d'excellents matelots, musclés, sculptés dans la chair et les os, des athlètes, bons marins, grognons, la tête près du bonnet (PEISSON, Parti Liverpool, 1932, p. 37).
Avoir la tête froide. Garder son sang-froid. Tu fumeras des pipes, tu videras des chopes, et tu seras l'homme le plus heureux du monde. Tâche d'avoir toujours la tête froide, le ventre libre et les pieds chauds: c'est le précepte de la sagesse (ERCKM.-CHATR., Ami Fritz, 1864, p. 2). Madame Isotta a autant d'esprit que de vertu, et en outre la tête froide. Avec elle, pas à craindre les lubies ni les poussées de sang de son animal de mari (MONTHERL., Malatesta, 1946, I, 4, p. 445).
Fam. Avoir la tête dure. Être entêté. Pour en prendre le tour, Amable lui fit recommencer la même opération. À la quatrième fois, Didace s'impatienta:Bon gueux! Amable, que t'as la tête dure! Ben plus dure que le chat! (GUÈVREMONT, Survenant, 1945, p. 142).
Mauvaise tête. Mauvais caractère, obstiné, querelleur. Faire la mauvaise tête. Elle a du lait à revendre, et du très bon. Seulement, on n'a jamais vu une mauvaise tête pareille, toujours en colère, brutale, insolente (ZOLA, Fécondité, 1899, p. 303). Le révolté, l'évadé, la mauvaise tête, le voleur d'œufs qui volera un bœuf, « le petit salaud qui a bon cœur » (H. BAZIN, Vipère, 1948, p. 40).
Pop., fam. Tête de + subst. (désignant un animal, une matière rigide caractérisée par sa dureté).
Tête de cochon. Entêté, qui a mauvais caractère. Il voulait même plus que j'en cause tellement qu'il est enfoiré quand il a sa tête de cochon! (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 552). Triompher par la famine lui était apparu dangereux. Avec une tête de cochon comme la mienne, on pouvait craindre une résistance acharnée (H. BAZIN, Vipère, 1948, p. 199). P. méton. À ma manière, j'étais une belle tête de cochon (GENEVOIX, Assassin, 1948, p. 107).
Tête de lard. Tête de mule. V. mule1.
Tête de bois, tête de fer. Entêté. Nous avons pourtant également bien élevé toutes nos filles! Les autres se sont mariées comme nous avons voulu (...) Mais l'aînée et la dernière ont des têtes de fer (SAND, Meunier d'Angib., 1845, p. 320). — (...) Tu seras rentrée chez toi avant le jour. Ni vu ni connu (...) Allons! ouste!Oh! non! fit-elle. Je ne retournerai pas à Campagne ce soir.Où coucheras-tu, tête de bois?Ici. Sur la route. N'importe où (BERNANOS, Soleil Satan, 1926, p. 78).
— [En insistant sur le côté volontaire du caractère; pour signaler la qualité de la volonté d'une pers.]
N'en faire qu'à sa tête. N'agir qu'en fonction de ce que l'on a soi-même décidé, sans se laisser influencer. Si je gouvernais (...) les commissions seraient purement consultatives, et l'homme de mérite qui les présiderait n'en ferait qu'à sa tête après les avoir écoutées (DELACROIX, Journal, 1854, p. 152). Jimmy: (...) je ne pouvais pas prévoir que nous allions tomber là-bas sur le Francesco aux aguets! Isabelle: Mais le Francesco n'aurait pas compté si tu étais resté comme je le voulais! Tu n'en fais jamais qu'à ta tête! Tu vois le résultat? (BOURDET, Sexe faible, 1931, I, p. 281).
Faire tête, tenir tête. S'opposer à d'autres personnes, garder ses opinions, les défendre. Il avait de trop bonnes raisons pour ne pas parler! Il entra avec un petit sourire. Je lui fis tête par un autre sourire, je plastronnai! (MILLE, Barnavaux, 1908, p. 234). Il peut lui déplaire de se sentir constamment observé, jugé par moi, et jugé très sévèrement. Je suis seul à lui tenir tête. Je suis très seul (GIDE, Journal, 1943, p. 178). Faire tête, tenir tête à qqc. Faire face. La baronne, pour essayer de rallier ces diversités mondaines (...) se déplaçait continuellement, tenait tête à dix conversations différentes (A. DAUDET, Nabab, 1877, p. 128).
(Faire la) forte tête. (Être une) personne indocile, refusant de se plier à la règle commune et à l'autorité. V. fort1 III A 1 b. P. méton. Madame Corilla préparait, dans son boudoir, plusieurs fortes têtes à l'enthousiasme et à l'entraînement de la représentation (SAND, Consuelo, t. 3, 1842-43, p. 231). Mme Loiseau se récriait (...) que les gens qui commettaient les attentats étaient des fortes têtes, des révolutionnaires et qu'on ferait aussi bien d'en débarrasser le pays! (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p. 219).
P. méton. Tête faible. Personne sans volonté. Qu'un commissaire de police s'introduise dans une salle où quelques têtes faibles et vides échauffent réciproquement leurs passions instinctives, nous jetons les hauts cris, la liberté est violée (RENAN, Avenir sc., 1890, p. 356). Tête brûlée. Tête carrée. V. carré1.
2. P. méton. Personne, instance qui conçoit, dirige, organise, fait agir les autres suivant une direction, pour atteindre un but déterminé. Ce qu'il nous faut avant tout, c'est une aristocratie naturelle, c'est-à-dire légitime. On ne peut rien faire sans tête, et le suffrage universel, tel qu'il existe, est plus stupide que le droit divin (FLAUB., Corresp., 1871, p. 287):
7. Les révolutions libérales ou démocratiques de 1830 et de 1848 avaient un but très précis: renverser le pouvoir central et le remplacer. Les coups révolutionnaires de Blanqui étaient toujours calculés pour frapper à la tête et au cœur. Il ne disséminait pas ses forces; il les concentrait au contraire pour les porter en quelques points vitaux du système politique gouvernemental.
JAURÈS, Ét. soc., 1901, p. 116.
La tête de. Les meneurs, les organisateurs, les personnes les plus représentatives. Les forces intellectuelles et littéraires de la Restauration émanèrent à la fois de trois foyers (...) du salon de Mme de Staël; de la tête du parti monarchique, représenté par M. de Chateaubriand; et aussi d'une simple école, d'abord obscure, de l'École normale (SAINTE-BEUVE, Chateaubr., t. 1, 1860, p. 34). Société des Gens de Lettres. Toute la tête du nationalisme est là. Coppée sacristain, Rochefort parcheminé, Lemaître fouinard, Barrès de proie, et l'insignifiant oiseau Vandal (RENARD, Journal, 1901, p. 651).
Fam. Les grosses têtes. Les principaux dirigeants. Le mariage fut célébré à Saint Honoré d'Eylau. Y assistaient, pour le principal, sept grosses têtes de l'industrie lourde, cinq personnes nobles, un ministre et deux généraux (AYMÉ, Travelingue, 1941, p. 7).
II. — [À propos de qqc.]
A. — P. anal. (de forme et de position)
1. Partie souvent arrondie qui se trouve à l'extrémité supérieure de quelque chose. Tête d'un arbre, d'un épi, d'une fleur; tête d'une montagne; tête d'un mât. À ces pavillons déserts et poudreux commence une magnifique avenue d'ormes centenaires dont les têtes en parasol se penchent les unes sur les autres et forment un long, un majestueux berceau (BALZAC, Paysans, 1844, p. 4). Le flot me balançait, la voile blanche du bateau qui passait se recourbait tendrement sur moi et, là-haut, je voyais le ciel, les nuages, je voyais la souple tête des peupliers lorsqu'ils se baissaient sous le vent et je m'endormais bientôt au chant des laveuses et des hirondelles (ÉLUARD, Donner, 1939, p. 36).
Spécialement
MAR. Tête de roche. Roche qui fait saillie sur un fond marin. (Dict. XIXe et XXe s.).
AUTOMOB. À soupapes en tête. À soupapes inversées placées dans la culasse amovible qui s'ouvre à la partie supérieure du cylindre. La Lancia « Ardennes » se distinguait par son moteur à quatre cylindres en V très étroit, avec culasse et soupapes en tête commandées par culbuteurs (TINARD, Automob., 1951, p. 337).
RELIURE. Tranche supérieure du dos d'un livre. Rogner un livre en tête; tranche de tête. (Dict. XXe s.).
2. Partie terminale arrondie et plus grosse que le reste du corps de quelque chose; partie terminale d'un objet rond. Tête d'un clou, d'une épingle; tête de vis; tête d'ail, d'artichaut; tête d'un poireau; clou à tête dorée, à tête large; épingle à tête de couleur, de diamant, de perle; porte-manteau à trois têtes. Au même instant je sentis un élancement, faible et vif, à mon bras gauche (...) deux tortillements de douleur brève, un au poignet, l'autre à la tête de l'humérus (ARNOUX, Paris, 1939, p. 175). Croissance fantastique du champignon qui monte en brandissant sur sa tête ronde la feuille qui l'a vu naître (COLETTE, Gigi, 1944, p. 193).
Tête d'une comète. ,,Partie composée du noyau et du corps de la chevelure d'une comète et qui est suivie par la projection lumineuse`` (Astron. 1980).
Tête d'un marteau. Partie carrée ou ronde opposée à la pointe ou panne du marteau. [Les tonneliers] emploient encore l'attirail d'un métier très ancien (...) des outils naïfs, avec un manche poli par la main et une grosse tête de fer (CHARDONNE, Dest. sent. I, 1934, p. 13).
Tête d'un instrument de musique. Partie supérieure du manche où se fixent les cordes. Tête de guitare, de viole. Bustavant qui tient sous le bras droit (...) son violoncelle enveloppé d'une housse verte, forme ventrue dont ne dépasse que la petite tête en volute (ARNOUX, Solde, 1958, p. 210).
Spécialement
MÉCAN. [Dans un moteur à explosion] Tête de bielle. Extrémité de la bielle qui s'articule sur le vilebrequin. Le vilebrequin comprend des tourillons, portés par les paliers du bloc cylindre, des manetons sur lesquels tourillonnent les têtes de bielle (CHAPELAIN, Techn. automob., 1956, p. 49).
PÊCHE. Tête de scion. Anneau fixé au bout du scion d'une canne à lancer. (Dict. XXe s.).
TECHNOL. Tête perdue. Tête de vis, de clou enfoncée dans la matière de façon à ne pas dépasser de celle-ci. (Dict. XXe s.). Tête romaine. Tête de vis sphérique percée d'un trou latéral (d'apr. CHABAT t. 2 1876). Tête de cornue. Pièce fixée à la partie supérieure d'une cornue. (Dict. XXe s.).
VERRERIE. Extrémité d'une glace. (Dict. XIXe et XXe s.).
B. — P. anal. (de position)
1. a) Partie antérieure (d'une chose). Tête de lit. Il la rappela, pour lui montrer trois aunes de guipure qu'il avait trouvées dernièrement « dans une vendue ». Est-ce beau! disait Lheureux; on s'en sert beaucoup maintenant, comme tête de fauteuils, c'est le genre (FLAUB., Mme Bovary, t. 2, 1857, p. 138). En tête de la baignoire, sur une chaise longue, à la natte fine comme un porte-cigare de Manille, un peignoir de vieille guipure (...) recouvrait à demi (...) de petites pantoufles (E. DE GONCOURT, Faustin, 1882, p. 198).
— [Désigne l'avant de qqc. de mobile, qui se déplace] (Fusée à) tête chercheuse. (Fusée munie d'un) dispositif qui permet de se déplacer en suivant la modification de la trajectoire de la cible. On sait qu'un des graves inconvénients des engins automatiques avec « tête chercheuse », pour la lutte anti-aérienne, est qu'ils sont toujours susceptibles d'être trompés sur l'identité des objectifs (RUYER, Cybern., 1954, p. 48). P. anal., plais. [À propos d'une pers.] Pour aider notre expansion (...) nous engageons un chef de service personnel, « un psychologue dans le siècle », un homme de contacts et de relations, bon analyste, une tête chercheuse de cadres et d'employés (Le Point, 27 avr. 1981, p. 137).
— [Désigne un élément (d'un ensemble) qui est situé à une extrémité, à la partie ant.] L'arbre à cames possède un pignon entraînant un arbre commandant la pompe à huile et l'arbre de la tête d'allumage ou allumeur (CHAPELAIN, op. cit., p. 148).
Tête d'enregistrement. Inducteur servant à l'enregistrement d'une information sur un support magnétique (d'apr. GING.-LAURET 1973). Tête de lecture, d'écriture. Organe électromagnétique utilisé pour la lecture ou l'écriture d'enregistrements sur un support d'information magnétique. Pour effectuer une recherche, il faut faire défiler tout le film sous une tête de lecture appropriée, qui détecte les propriétés demandées (JOLLEY, Trait. inform., 1968, p. 201). Cour. Synon. de cellule. Il y aura donc deux pistes sonores qui seront lues simultanément par le saphir de la tête de lecture (Disque Fr., 1963, p. 9). Tête enregistrement-lecture. Le Magnon double piste. Il permet tous les mixages et surimpressions sonores. Avec une tête enregistrement-lecture garantie pour la durée de vie de l'appareil (Le Point, 30 oct. 1978, p. 186).
Tête d'impression, tête imprimante. ,,Organe de l'imprimante qui assure l'impression`` (MESS. Télém. 1979).
— Partie d'une machine-outil, d'un appareil recevant des mécanismes de commande, ou des mécanismes adaptés à des tâches particulières. Tête amovible, mobile, inclinable; changer la tête d'une mortaise, d'une fraiseuse; fraiseuse à tête multiple. L'organe de coupe [de la moissonneuse-lieuse] (...) [comprend] la lame de scie formée de la tringle sur laquelle sont rivées les sections, et la tête de lame (PASSELÈGUE, Mach. agric., 1930, p. 223).
b) Début (de quelque chose). Afin de garantir de tout dommage les marchandises déposées sur le port, la ville avait construit une espèce de pile en maçonnerie (...) qui préservait le pilotis du port en soutenant à la tête du Terrain les efforts des eaux et des glaces (BALZAC, Proscrits, 1831, p. 4). Solitaire... C'est un mot à belle figure, son S en tête dressé comme un serpent protecteur (COLETTE, Naiss. jour, 1928, p. 34). P. métaph. Coucher du soleil. (...) Impression de solennité de ce passage (...). La tête de ce jour lentement tombe (VALÉRY, Tel quel I, 1941, p. 132).
Sans queue ni tête. V. queue1 II B 1 b.
c) Spécialement
IMPR. Tête de page. Début de la page laissé en blanc dans un livre. (Dict. XXe s.).
ŒNOL. Tête (de cuvée(s), de vin). ,,Vin tiré des premières cuvées d'une vendange de qualité (surtout dans les crus de Bourgogne et de Champagne)`` (FÉN. 1970). Vin de tête (région. (Sauternais)). Vin provenant du premier pressurage, le meilleur (d'apr. LICH. Vins 1984).
CHIM. Produit de tête (p. oppos. à produit de queue). Substance qui distille la première. (Dict. XXe s.).
BÂT. Tête de mur. Face d'extrémité du mur. Une tête de mur est fréquemment constituée par un pilier en pierre, harpé avec la maçonnerie du mur (NOËL 1968). Tête de chevalement. Pièce horizontale placée sur deux étais. (Dict. XXe s.).
CARR. Tête dure. ,,Couche de quelques centimètres à la partie supérieure d'un banc, plus dure que le reste`` (PLAIS.-CAILL. 1958).
d) Partie supérieure d'un ensemble.
BILLARD. En tête. Dans la partie supérieure de la boule. Frapper la bille en tête. Au fig. Prendre, faire qqc. bille en tête. Sans hésiter, franchement. Au lieu de prendre bille en tête par la route départementale qui grimpe en lacets, remonter le torrent par le sentier, jusqu'au sommet (GIONO, Hussard, 1951, p. 264).
2. a) Premiers éléments (d'un ensemble de véhicules, d'un groupe de personnes qui se déplacent dans la même direction ou qui sont orientés dans le même sens). Tête d'une colonne, d'un convoi, d'un cortège, d'un défilé, d'une escorte. La marche de cette colonne sur Mayenne (...) et les divers sentiments qu'elle exprimait, s'expliquaient assez naturellement par la présence d'une autre troupe formant la tête du détachement. Cent cinquante soldats environ marchaient en avant avec armes et bagages (BALZAC, Chouans, 1829, p. 7). Des employés (...) embarquaient, arrimaient à grand fracas de métal, dans les voitures de tête de rame, les coffres lourds (ARNOUX, Double chance, 1958, p. 141).
En tête. À l'avant, en se portant sur les éléments les plus avancés. Les Anglais, avertis (...) de la marche des Français, les avaient guettés (...) Maintenant, ils les attaquaient en tête et en queue très âprement (A. FRANCE, J. d'Arc, t. 2, 1908, p. 403). V. tenir 1re Section I A 1 ex. de Zola.
b) Avant (d'une file de véhicules se déplaçant dans un sens donné). Descendre, monter en tête; voiture, wagon de tête. À un moment notre voiture a pris la tête (TOULET, Tendres mén., 1904, p. 111). Il occupa donc les loisirs de ce voyage souterrain en revisant ses notions de métrologie, vérifiant si à telle gare la sortie se trouvait en tête ou en queue (QUENEAU, Loin Rueil, 1944, p. 74).
c) Première partie de quelque chose composé de plusieurs éléments, qui se déroule dans un ordre précis; première partie de quelque chose qui a un sens. Tête de chapitre. Lisez le même journal d'un bout à l'autre: vous verrez l'article de tête s'indigner contre la réputation de légèreté faite aux femmes françaises; mais un conte de troisième page vous décrira une scène d'adultère parisien avec tous les airs d'approuver et d'envier ces gens qui ne s'ennuient pas (ROMAINS, Hommes bonne vol., 1932, p. 300).
CH. DE FER, TRANSP. Tête de ligne (p. oppos. à terminus). Point de départ de la ligne. Un mardi orageux et stérile (...) vous engage à baguenauder autour des lieux de départ, des têtes de ligne, des caisses vitrées où les provinces lointaines et les nations étrangères dépêchent leurs indigènes (ARNOUX, Paris, 1939, p. 150).
ART MILIT. Tête de pont (v. ce mot I B 4 b). Partie d'un pont la plus avancée en territoire ennemi. Pendant qu'on s'acharnait contre la tête du pont de Saint-Martin, trois cents hommes d'armes du roi avaient passé le Tage à la file (MÉRIMÉE, Don Pèdre Ier, 1848, p. 179). P. anal. Le monde a frémi d'horreur en apprenant que les gens de Vichy faisaient combattre contre nous et contre les alliés des soldats de l'Empire, en combinaison avec des escadrilles allemandes, dans le but de garder au Levant une tête de pont aux armées du Führer (DE GAULLE, Mém. guerre, 1954, p. 422).
Tête de liste. Premier nom sur une liste; p. méton., personne qui figure en premier. Quant à Laprat-Teulet, tête de liste il recevait des injures et des crachats dont la liste entière était éclaboussée (A. FRANCE, Bergeret, 1901, p. 263). En appos. Ce dépôt est effectué par le candidat tête de liste ou par un mandataire désigné par lui (FONTENEAU, Cons. munic., 1965, p. 30).
Tête d'affiche. Nom qui figure en haut d'une affiche; p. méton., personne qui tient la vedette. L'illustre tragédien Esprit Chaudval (...), rejeton d'une très digne famille de pilotes malouins et que les mystères de la destinée avaient induit à devenir grand premier rôle de province, tête d'affiche à l'étranger et rival (souvent heureux) de notre Frédérick-Lemaître (VILLIERS DE L'I.-A., Contes cruels, 1883, p. 217).
3. [Dans un groupe à l'intérieur duquel est établi un classement, une hiérarchie] Partie qui est au début, qui regroupe les premiers éléments. Sur le fils aîné reposaient toutes les grandes espérances du père. Frédéric tenait toujours la tête de sa classe (AYMÉ, Jument, 1933, p. 38). P. méton. Je songeai que je serais convié au banquet de la Saint-Charlemagne et que j'y siégerais parmi les grands et les forts au milieu des têtes des classes (A. FRANCE, Vie fleur, 1922, p. 364).
SPORTS. Tête de série. ,,Celui, celle que sa valeur désigne pour rencontrer en série des concurrents, qui sur le papier, lui sont inférieurs`` (PETIOT 1982).
4. Au fig. À la tête. Place de celui qui commande, dirige.
a) ART MILIT. (Être) à la tête de ses armées. Le duc d'Angoulême se préparait à franchir la Bidassoa à la tête de quatre vingt mille hommes (A. FRANCE, Vie littér., 1888, p. 211).
b) (Être) à la tête de. Exercer des fonctions de direction, diriger une entreprise. On te prêtera vingt mille francs pour acheter son imprimerie, et probablement tu seras à la tête d'un journal (BALZAC, Illus. perdues, 1843, p. 683). Maman a tant changé, elle aussi!... Voilà quatre ans qu'elle est à la tête de cet hôpital; quatre ans qu'elle organise, qu'elle décide, qu'elle ne fait pas autre chose que de donner des ordres, de se faire respecter, de se faire obéir (MARTIN DU G., Thib., Épil., 1940, p. 847).
P. anal. Disposer de quelque chose, posséder quelque chose. Le brave compagnon qui un matin, à la tête d'un petit capital d'une cinquantaine de mille francs, devient adjudicataire d'une entreprise quelque peu importante (VIOLLET-LE-DUC, Archit., 1872, p. 422). L'acte même de préférer semble malaisé à obtenir de moi! (...) De sorte qu'avec Tchekhov, Keats, Pater, James, les Browning et Constant, me voilà à la tête de six livres (DU BOS, Journal, 1924, p. 120).
REM. 1. Tétère, subst. fém., arg. Tête, visage. Il s'attrape la tétère... Il se la tripote à deux mains (...), il se pétrit tout le menton... et les joues, le gras, les plis, le nez aussi, les oreilles (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 528). 2. Têtigué, interj., vx., théâtre class. [Juron proféré par les paysans] (Ds Lar. Lang. fr., ROB. 1985). 3. Têtoir, subst. masc., technol. Cavité dans laquelle on insère une tête d'épingle pour la frapper. (Dict. XIXe et XXe s.).
Prononc. et Orth.:[]. Homon. tette, formes de téter. Ac. 1694, 1718: teste; dep. 1740: tête. Étymol. et Hist. A. « Partie supérieure du corps de l'homme » 1. tête comme partie du corps, considérée d'un point de vue global a) ca 1050 (Alexis, éd. Chr. Storey, 264: Li serf sum pedre [...], Lur lavadures li getent sur la teste); b) ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 1956: Trenchet la teste; 2101: En la teste ad e dulor e grant mal; 3727: Desur les espalles ad la teste clinee); c) ca 1170 (CHRÉTIEN DE TROYES, Erec, éd. M. Roques, 5674: ne tint mie la teste basse, ne fist pas sanblant de coart); d) 1341 à propos de la représentation d'un être humain (GUILLAUME DE MACHAUT, Remède de Fortune, éd. E. Hoepffner, t. 2, p. 37; Nabugodonosor figure Qu'il vit en songe une estature Grande et haute qui la figure Horrible avoit, Et la teste d'or riche et pure); 2. cette partie du corps, considérée comme siège de la pensée, de la raison, des sentiments, de la mémoire, des organes des sens a) ca 1100 (Roland, 2011: Ansdouz les oilz en la teste li turnent, L'oïe pert e la veüe tute); b) 1160-74 perdre la teste « s'embrouiller » (WACE, Rou, éd. A.-J. Holden, 6241); c) 1176-81 (CHRÉTIEN DE TROYES, Chevalier Charrette, éd. M. Roques, 2581: Li quex est ce, savoir le vuel, qui tant a folie et orguel, et de cervel la teste vuide, qu'an cest païs vient...?); d) 1176-81 (ID., Yvain, éd. M. Roques, 2945: La dame dist: Or n'aiez soing, que certes [...] li osterons nos de la teste tote la rage et la tempeste); e) 1249 (RUTEBEUF, Cordeliers, 80, éd. E. Faral, t. 1, p. 236: Nos ressemblons la taupe, qui erre soz la mote: Nos avons euz es testes, et si n'en veons gote); f) 1263-65 teste fole (ID., Jacobins, p. 325); g) 1376 ouvrer de sa teste « faire ce qu'on veut » (Modus et Ratio, éd. G. Tilander, 1, 15); puis 1461 faire à sa teste (JEAN DU BUEIL, Jouvencel, éd. Lecestre, t. 1, p. 70); h) 1376 avoir en teste (qqc.) « s'en souvenir » (Modus et Ratio, 74, 75); i) fin XIVe s. avoir trop chaude teste « s'emporter facilement » (FROISSART, Chron., éd. L. et A. Mirot, t. 13, p. 111); j) fin XIVe s. (ID., ibid., éd. G. T. Diller, p. 189: [les Englés] n'entendent point bien tous les termes dou langage de France; ne on ne lor scet conment bouter en la teste); k) fin XVe s. laver la teste (à qqn) « réprimander fortement » (PHILIPPE DE COMMYNES, Mém., éd. J. Calmette, t. 3, p. 253); l) mil. XVIe s. chanter a plaine teste (MELLIN DE SAINCT-GELLAIS, Œuvres, éd. P. Blanchemain, t. 1, p. 274), v. tue-tête; m) ) 1580 teste bien faicte (MONTAIGNE, Essais, I, 26, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 150); ) 1751 examiner (qqc.) à tête reposée (PRÉVOST, Lettres anglaises, t. 1, p. 124); n) ) 1756 (BATTEUX, Les Beaux-Arts, p. 23: [La Poësie] n'est tenue qu'au vraisemblable; elle invente, elle imagine à son gré; elle peint de tête); ) 1766 (VOLTAIRE, Le Philosophe ignorant, p. 883: faire de tête et sans papier une division de quinze chiffres); o) 1763 avec toute sa tête (en parlant d'un vieillard) (BARBIER, Journal, t. 8, p. 107); 3. en réf. aux cheveux, au visage, au crâne a) ca 1100 (Roland, 2931: Sa barbe blanche cumencet [Charles] a detraire, Ad ambes mains les chevels de sa teste); b) 1176-81 la teste nue (CHRÉTIEN DE TROYES, Yvain, 5648); c) 1385 à propos de l'expression du visage (E. DESCHAMPS, Miroir de mariage, éd. G. Raynaud, t. 9, p. 109: sa teste faire et atourner); d) ) 1400 (NICOLAS DE BAYE, Journal, éd. A. Tuetey, t. 1, p. 292: et [...] estoit si elevé que [...] n'ostast son chaperon de sa teste, non pas devent le Roy); ) 1585 se tenir teste decouverte en presence de (qqn) (MONTAIGNE, op. cit., I, 36, p. 227); 4. tête pris pour vie de quelqu'un a) ca 1100 (Roland, 935: Se trois Rollant, n'en porterat la teste); b) ca 1170 (CHRÉTIEN DE TROYES, Erec, éd. M. Roques, 5863: par ma teste); c) ca 1170 (ID., ibid., 5468: onques nus [...] n'i leissast la teste an gage); d) 1174-76 (GUERNES DE PONT-SAINTE-MAXENCE, St Thomas, éd. E. Walberg, 2725: Pur les dreiz sa mere [la sainte mere iglise] a li fiz sa teste mise); e) fin XIVe s. (FROISSART, Chron., éd. S. Luce, t. 5, p. 57: leur commandèrent, de par le prince et sus le teste, que...); f) 1659 mettre la teste (de qqn) à prix (BOISROBERT, Epistres, éd. M. Cauchie, t. 2, p. 127); 5. en réf. à la mesure d'une tête 1176-81 (CHRÉTIEN DE TROYES, Yvain, 522: Li chevaliers [...] fu sanz dote plus granz de moi la teste tote); 6. en réf. aux extrémités du corps a) 1176-81 (ID., Chevalier Charrette, 2570: Cil [un chevalier] des les piez jusqu'a la teste, sist toz armez, sor son destrier); b) 1507-08 plonger la teste premiere (D'AMERVAL, Diablerie, éd. Ch.-Fr. Ward, 146b); 7. tête pris pour la personne entière a) ca 1275 (ADENET LE ROI, Buevon de Conmarchis, éd. A. Henry, 1239: Secorre nous venront a mainte teste armee); b) 1283 (PHILIPPE DE BEAUMANOIR, Coutumes Beauvaisis, éd. A. Salmon, t. 1, p. 226: il se departent par testes autant a l'un comme a l'autre); c) fin XIVe s. (FROISSART, Chron., éd. G. Raynaud, t. 10, p. 217: et il i a tels trente mille testes en ceste ville qui ne mengièrent de pain, passet a quinse jours); d) 1461 (JEAN DU BUEIL, Jouvencel, t. 2, p. 233: Et aussi est-il à penser que plusieurs testes congnoissent plus que une ou que deux); e) 1644 testes couronnees (G. DE SCUDÉRY, Arminius, p. 44); f) 1686 (DANGEAU, Journal, p. 209: elle a feit mettre sur la tête du Duc de Richemond, son fils, les 3000 pieces de rente qu'elle avoit); g) 1789 têtes exaltées (Le Moniteur, t. 2, p. 401); 8. en réf. à la position de la tête par rapport à l'ensemble du corps, notion de position première, avec, éventuellement surajoutée, notion de commandement ou de supériorité a) 1580 loc. (MONTAIGNE, op. cit., II, 17, p. 640: voir à la teste d'un trouppe marcher un chef de belle et riche taille), v. chef; b) 1790 « personne qui dirige un groupe, un mouvement ou un corps constitué » (Le Moniteur, t. 3, p. 27); c) 1885 tête de liste (L'Illustration, 22 août, p. 119c ds QUEM. DDL t. 17); d) 1905 sports tête de série (L'Auto, 17 févr. ds PETIOT 1982); e) 1941 tête d'affiche (L'Œuvre, 7 mars); 9. en loc. a) ) 1re moit. XIIIe s. teste a teste « l'un près de l'autre » (Guillaume de Palerme, 4905 ds T.-L.), rare en a. m. fr.; ) 1549 id. « seul à seul (dans un affrontement) » (AMYOT, Vies, Alex. le Grand ds GDF. Compl.); ) 1549 parler teste a teste ou priveement (EST.); b) ) 1424 rompre sa teste (A. CHARTIER, Poetical works, éd. J. C. Laidlaw, p. 308); ) 1549 rompre la teste, avoir la teste rompue (EST.); ) 1606 casser et rompre la teste à qqn (NICOT); c) 1611 ne savoir ou donner de la teste (COTGR.); d) ) 1666 jeter (qqc.) à la tête de (qqn) (MOLIÈRE, Misanthrope, III, 5); ) 1671 en parlant d'une femme se jeter à la tête (d'un homme) (ID., Psyché, I, 1). B. P. anal. empl. à propos d'animaux ou de non-animés « partie antérieure ou supérieure » 1. a) ca 1100 (Roland, 2490: A lur chevals unt toleites les seles, Les freins a or e metent jus des testes); b) ca 1180 « ramure d'un cerf » (HUE DE ROTELANDE, Ipomedon, éd. A. J. Holden, 716); c) déb. XVe s. fromage de teste de sanglier (TAILLEVENT, Viandier, p. 63); 2. a) XIIIe s. (Li establissement des mestiers de Paris ds E. BOILEAU, Métiers, éd. Lespinasse et Bonnardot, p. 272: aigrun [désigne l'ensemble des aux, oignons, cives, échalottes...] sans teste); b) 1560 « couronne d'un arbre » (v. POPPE, p. 201); c) 1636 (MONET: le chou fait Téte); 3. a) 1327 (PALGRAVE, The Antient kalendars and inventories..., t. 3, comptes français, p. 191: une teste d'une croice pour Evesque d'argent surorre); b) XVe s. teste de clou (Ordonnances relatives aux Métiers de Paris ds Reglemens sur les arts et metiers de Paris, éd. G. B. Depping, p. 371); c) 1489 (Mém. Archeol. Touraine, t. 23, p. 198: chevilles de fert a teste et a goupille); d) 1560 « sommet d'une montagne » (RONSARD, Œuvres, éd. P. Laumonier, t. 3, p. 70 [var. de feste]); e) 1563 (B. PALISSY, Recepte, éd. K. Cameron, p. 129: testes des chapiteaux de colomne); f) 1579 (LARIVEY, Advertissement ds Anc. Théâtre fr., éd. Viollet Le Duc, t. 5, p. 5: en teste de quelques lignes); g) 1575 « extrémité d'un os » (PARÉ, Œuvres, éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 2, p. 325); h) 1694 mar. « le ou les premier(s) vaisseau(x) d'une ligne de bataille » (Rapport de J. Bart ds JAL1); i) 1740 (Ac.: on appelle Têtes de vin les premières cuvées des meilleurs vins de Champagne et de Bourgogne); j) 1751 tête à perruque (CREBILLON fils, Quel conte, p. 290); k) 1782 jeux « cartes à jouer, représentant les dames, valets et rois » (Encyclop. méthod. Mécan. t. 1, p. 480); 4. loc. 1855 (en parlant d'un cheval) gagner d'une tête (Le Sport, 12 avr. ds PETIOT 1982). Du lat. testa littéral. « objet en terre cuite; pot, vase; brique, tuile » d'où « coquille, carapace (des crustacés), v. têt1 » (v. OLD), qui a pris à basse époque le sens de « crâne » (att. aux IVe-Ve s., v. SOUTER Later Latin) d'où le sens de « tête » att. seulement au Xe s. (dans les gl., mais prob. ant., v. FEW t. 13, 1, p. 281). On admet gén. que testa a été employé dans la lang. pop. à côté de caput, réservé à un niveau de lang. plus élevé, mais le manque d'attest. de testa ne permet pas de trancher la question. Les représentants des 2 mots ont vécu, parallèlement, en France et en Italie pendant plusieurs s. (v. FEW, loc. cit.). Th. D. CREVENS (Cross-Language Evidence in Etymology ds Neuphilol. Mitt. t. 83, 1, pp. 53-61) examine les différentes explications justifiant le recours à testa et son passage au sens de « tête »: elles n'apportent pas d'élément décisif pour rejeter l'hyp. de la métaph. (anal. de forme), de laquelle on peut rapprocher l'utilisation dans de nombreuses lang., de noms d'objets usuels, de forme arrondie et gén. creux, pour désigner la tête (parallèles au fr. pop. balle1 ou cafetière). Chef et tête étant en partie synon. au Moy. Age, on a cherché à préciser leurs aires d'empl. respectives: P. Le Gentil a conclu à une différence styl. dans la Chanson de Roland (chef serait un mot de valeur gén., dénotant un caractère de « noblesse et grandeur » ou empl. pour désigner la partie supérieure de la tête, tandis que tête, gardant qqc. de sa lointaine orig. pop., aurait une valeur expr., pittoresque), v. Romania t. 71, pp. 49-65; A. Stefenelli reprend en partie les distinctions établies par P. Le Gentil et met en évidence des faits de stéréotypie (p. ex. pour tenir le chief enclin, ou embrunc) ou de prosodie dans qq. textes poét. des XIIe-XIIIe s. (v. A. STEFENELLI, Der Synonymenreichtum der altfranzösischen Dichtersprache, pp. 104-109). L'analyse des attest. a. et m. fr. de la docum. permet de préciser: chef et tête fonctionnent comme quasi-synon. dans des cont. où est exprimée une notion de « tête » soit: - au sens global, comme partie du corps (douleur de tête/de chef), qui est à une position extrême (de la tête/du chef aux pieds) et porte les organes de la vue et de l'ouïe (les yeux du chef/de la tête); - au sens de « partie supérieure de la tête, celle qui porte des cheveux » (tête hérissée, blonde... un cheveu de sa tête/son chef) qui peut recevoir une coiffure (heaume, chapeau, couronne...); - soit en réf. à l'attitude (hocher, baisser le chef ou la tête); - soit comme « partie vitale, vie » (fendre, trancher, perdre le chef ou la tête; jurer sur sa tête, cf. les formules de serments par mon chef, par ma tête; également avec métaph. comme dans tête/chef et membres du corps de l'Église); - soit pour les animaux. Mais dans les cont. où l'on réfère à des notions telles que l'intelligence et la raison, l'affectivité ou la mémoire (supra A 2 c, d, e, f, g, h, i, j) c'est le mot tête qui est empl., et ce, de manière régulière, indépendamment du genre des textes ou des particularités styl. individuelles. Fréq. abs. littér.:49 398. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 62 087, b) 83 838; XXe s.: a) 80 469, b) 63 793.
DÉR. Têteau, subst. masc., arboric. a) Extrémité d'une maîtresse branche coupée près du pied. (Dict. XIXe et XXe s.). b) Région. (notamment Centre). Arbre étêté dont les branches commencent à repousser. Synon. têtard (v. ce mot B 1 a). Têteau de chêne. Deschartres (...) me cria de m'accrocher à un têteau de saules qui se trouvait à ma portée, et de laisser noyer la bête (SAND, Hist. vie, t. 3, 1855, p. 356). [], [te-]. LITTRÉ, Lar. Lang. fr., ROB. 1985: têteau. 1res attest. 1737 testaux plur. « arbres qu'on étête souvent » (Bail, cité ds JAUB. Suppl., s.v. sevau), 1777 testeaux (ibid.); de tête, suff. -eau; mot du Centre de la France et de la Saintonge (v. FEW t. 13, 1, p. 277, 279; JAUB.; G. MUSSET, Gloss. des pat. et des parlers de l'Aunis et de la Saintonge).
BBG. — GREIMAS (A.-J.) Sém. struct. Paris, 1966, pp. 43-49. — HENRY (A.). Notules de lexicogr. d'anc. oïl. Z. rom. Philol. 1983, t. 99, pp. 515-516. — LECOY (F.). Notes de lexicol. fr. Trav. Ling. Litt. Strasbourg. 1970, t. 8, n° 1, pp. 126-127. — QUEM. DDL t. 1, 2, 5, 9, 12, 13, 14, 18, 19, 27, 28, 34, 36, 38, 40. — RENSON 1962, pp. 473-475. — ROQUES (M.). Pour le commentaire de Renart. In: [Mél. Orr (J.)]. Manchester, 1953, pp. 252-257.

tête [tɛt] n. f.
ÉTYM. 1050, teste, test « crâne », opposé à l'anc. franç. chef « tête »; du bas lat. médiéval testa « boîte crânienne », sens spécialisé de « coquille dure » (→ 1. Test); a éliminé peu à peu chef en anc. français.
———
I
A (Chez l'homme). Extrémité supérieure du corps contenant le cerveau.
1 Partie supérieure du corps (de l'homme) contenant le cerveau et les principaux organes des sens, qui est de forme arrondie et tient au tronc par le cou. Chef (vx).REM. Les synonymes familiers (caboche, etc.) sont renvoyés plus bas, aux emplois concernés. — Sommet ( Sinciput), derrière ( Occiput), devant ( Face), côtés ( Tempe) de la tête. || Ossature (cit. 2), squelette de la tête, ou « tête osseuse ». Crâne, face (infra cit. 7); et ci-dessous, tête de mort. || Muscles de la tête, de la face, muscles masticateurs, muscles peauciers (occipital et frontal). || Artères, veines de la tête ou céphaliques. || Coiffe de la tête des nouveau-nés.Taille et forme de la tête selon les groupes humains, les individus. -céphale (brachycéphale, dolichocéphale…), céphalométrie (→ Anthropologie, cit. 2). || Petite tête Microcéphalie (→ Alpaga, cit. 1); grosse tête Macrocéphalie (→ Difformité, cit. 1; nain, cit. 2); et aussi acromégalie. || Avoir une grosse tête et un petit torse. || Il a une trop grosse tête. → ci-dessous les sens fig. — Tête d'hydrocéphale (cit. 2). || Tête allongée, ronde, carrée (→ Balafre, cit.), en poire. Acrocéphalie. || Tête pointue, plate.Il, elle a (par ressemblance) une tête de moineau (→ Dresser, cit. 3), de fouine (cit. 5), de cheval (→ Ingurgiter, cit. 1). || La tête léonine (1. Léonin, cit.) de Mirabeau.Tête enfoncée (cit. 48) dans les épaules (→ Difforme, cit. 3). || Belle (cit. 20) tête. || Yeux à fleur (cit. 41) de tête (→ aussi ci-dessous, 6., « visage »).
1 Nous n'essayerons pas de donner au lecteur une idée de ce nez tétraèdre, de cette bouche en fer à cheval; de ce petit œil gauche obstrué (…) de ces dents désordonnées (…) de cette lèvre calleuse (…)
(…) toute sa personne était une grimace. Une grosse tête hérissée de cheveux roux; entre les deux épaules une bosse énorme (…)
Hugo, Notre-Dame de Paris, I, V, « Quasimodo ».
2 (…) de taille moyenne, mais d'une extraordinaire vigueur, il se plaisait à sa personne, satisfait de sa tête un peu plate, au front bas, à la nuque épaisse, de sa face ronde et sanguine, éclairée de deux gros yeux vifs.
Zola, la Bête humaine, I.
3 Il était de taille assez haute, les épaules bien carrées, la tête plutôt enfoncée, grosse, sans être énorme, et d'une forme très singulière : peu de menton, peu de crâne; entre les deux un élargissement progressif; comme un pot évasé et surmonté d'un couvercle en forme de calotte.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. V, XXIII, p. 203.
Des pieds à la tête : de pied en cap (1.).De la tête aux pieds, depuis les pieds jusqu'à la tête, au fig. Pied (supra cit. 31).
Le haut, le sommet de la tête. || Tête nue (1. Nu, cit. 5), nu-tête. || La tête couverte (→ Décliner, cit. 1), coiffée de… Coiffure (cit. 2), couvre-chef (→ Aigrette, cit. 3). || Prendre le tour de tête pour faire un chapeau ( Conformateur). || Avoir le chapeau sur la tête (→ Froisser, cit. 26). || Casque en tête, sur la tête (en tête suppose une coiffure qui emboîte le crâne). → 2. Justicier, cit. 2. || Capuchon rabattu sur la tête. || Tête encapuchonnée (cit. 1), couronnée (→ Archonte, cit.).Au fig., ci-dessous 3. || Ceindre la tête de qqn d'un bandeau, d'un diadème. || Fardeau, charge en équilibre sur la tête (→ Porteur, cit. 7). || Auréole autour de la tête d'un saint.
2 (V. 1600). Spécialt. Partie de la tête où poussent les cheveux. Crâne. || Tête chauve (cit. 4). Caillou. || Tête ébouriffée (→ Saut-de-lit, cit.), poudrée (→ Recherche, cit. 11), tonsurée, rasée (→ Exception, cit. 10).Allus. hist. || Les têtes rondes, nom donné par les Cavaliers aux partisans de Cromwell, qui avaient les cheveux coupés court.Se gratter (cit. 5) la tête. || Avoir la tête grasse; sale. || Se laver la tête.Laver (et fig.; cit. 12, 12.1 et 13) la tête à qqn.Faire dresser les cheveux (cit. 30) sur la tête.
3 Contextes spéciaux. a (En parlant d'impressions, de sensations localisées à la tête, au cerveau). || Douleurs dans la tête (→ Coup, cit. 3). Encéphalalgie.Mal de tête. Céphalalgie, céphalée, entêtement (vx), migraine; → Maladie, cit. 7. || Il a des maux de tête violents.Mal à la tête. || Trop dormir (cit. 1) fait mal à la tête (→ Mal aux cheveux, au crâne).Fam. || Souffrir d'un mal à la tête, d'un mal de tête.Serrement de tête (→ Éprouver, cit. 26). || Tête lourde (→ Dormir, cit. 7), légère (→ Faiblesse, cit. 10), bourdonnante (cit.). || Bruit qui fend (→ Apprêter, cit. 2), rompt la tête. — ☑ Fig. Fendre, rompre la tête.Crier à tue-tête. Tue-tête.Sang qui monte à la tête (→ Percer, cit. 3; réserver, cit. 8), avoir le sang à la tête (→ Sangsue, cit. 1).Avoir la tête qui tourne; la tête lui tourne. Étourdissement, vertige. || Parfum qui fait tourner la tête (→ Alanguir, cit. 2).Monter, porter à la tête : être capiteux, grisant. || Odeur, vin qui porte (→ Javelle, cit. 1; provin, cit. 2), qui monte (cit. 17) à la tête. Entêter, griser.
4 Regardant la statue de Napoléon sur la colonne de la place Vendôme, il dit : « Si j'étais si haut, je craindrais que la tête ne me tournât. »
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, t. III, p. 281.
5 Puis ce furent de cruelles douleurs à la tête, tantôt des élancements dans la nuque et les côtés du crâne, tantôt un casque de plomb.
R. Rolland, Jean-Christophe, L'aube, III, p. 145.
6 Elle s'éveilla, la tête creuse et retentissante comme une coquille.
P. Nizan, le Cheval de Troie, II, VIII.
Voix de tête : registre aigu de la voix humaine. || Ténor chantant en voix de tête. → Haute-contre (cit. 2); contre-ténor; → Aigu, cit. 6; gamme, cit. 4.
6.1 (…) Carmichaël se rendit sur la scène des Incomparables et chanta d'une façon éblouissante l'Aubade de Dariccelli. Sa voix de tête, montant avec une souplesse inouïe jusqu'à l'extrême limite du soprano, exécutait en se jouant les plus déconcertantes vocalises (…)
Raymond Roussel, Impressions d'Afrique, p. 302.
b (Positions, mouvements de la tête). || Port de tête (→ Habitude, cit. 13). || La tête droite (→ Avancer, cit. 25). || La tête rentrée (→ Poids, cit. 10). || La tête haute (cit. 12), relevée par rapport à la poitrine. || Porter haut la tête (→ Attitude, cit. 18). || Lever, dresser la tête. || La tête basse, penchée sur la poitrine.Baisser, courber la tête (au fig., voir ces verbes).Tête penchée (→ 1. Avoir, cit. 15), inclinée (cit. 1, 5, 6 et 7); renverser la tête (→ Franger, cit. 6; pâmer, cit. 8). || Tourner (→ Cou, cit. 7), détourner (cit. 18) la tête.« Tête (à) gauche ! » « Tête (à) droite ! », commandements militaires pour tourner la tête.N. m. || Un tête à droite, à gauche.
6.2 Quoique capables de mouvement, une énorme pesanteur nous clouait sur place ou peu s'en fallait. Pour ma part, je mis très longtemps à exécuter le tête à droite et le tête à gauche nécessaires à l'examen des lieux.
M. Aymé, le Vin de Paris, « La fosse aux péchés », p. 134.
Branler (cit. 2), hocher (cit. 2 et 4), secouer la tête; dodeliner (cit. 1) de la tête, dodiner (cit. 1) la tête. || Branlement (cit.), hochement (cit. 2), geste (1. Geste, cit. 14), inclinaison (cit. 8), signe (cit. 13) de tête.Pathol. || Nutation de tête.Acquiescer, diriger de la tête (→ Scander, cit. 1). || La tête sur l'oreiller (→ Endormir, cit. 19). || La tête dans ses mains (→ Père, cit. 22). || Mettre sa tête sous le robinet (→ Ablution, cit. 3); à la fenêtre (→ Recoucher, cit. 1). || Passer, risquer (cit. 5) sa tête (dans, à, par…).
7 (…) dans son inquiétude, il regarde, met la tête à la portière.
Michelet, Hist. de la Révolution franç., IV, XIII.
La tête en bas (1. Bas, cit. 94). → Antipode, cit. 2. || Marcher sur la tête (→ Romanichel, cit.).Rouler cul par-dessus tête. — ☑ Tomber sur la tête. — ☑ Fig. Mais tu es tombé sur la tête ! : tu es fou ! || Tomber la tête en avant (→ Insolation, cit. 2), la première (cit. 9).Piquer (cit. 26) une tête.Se jeter la tête la première (→ Enivrer, cit. 28).Se jeter tête baissée contre…, sur…Se jeter, se cogner, se taper la tête contre les murs (cit. 15).Donner de la tête (vx) : se diriger (→ Jambe, cit. 16). — ☑ Donner tête baissée dans… : se jeter sur (qqch.). Fig. Se jeter naïvement, imprudemment dans un piège. || Il a donné tête baissée dans le panneau.
Fig. Ne savoir où donner de la tête (→ 1. Mort, cit. 42) : ne savoir que faire, avoir trop d'occupations. Occupé, submergé (→ Mouvementé, cit. 1).
Fig. En avoir par-dessus la tête : en avoir assez, être excédé (→ Grand, cit. 59; sommeilleux, cit. 1). — ☑ Se taper la tête. Cloche.
Loc. Coup de tête : coup donné avec la tête (aussi sens fig. : Coup). || Il lui a donné un coup de tête dans l'estomac (cit. 15). || Donner un coup de tête dans le ballon (→ ci-dessous, 10., faire une tête).
c Loc., métaphore de la chasse, à propos des animaux qui font tête (ci-dessous B., 2., a). Faire tête : faire front, s'opposer efficacement à… || Il fit tête à l'orage (→ Influenza, cit. 2), aux prévisions (→ Muscler, cit. 1; et aussi athée, cit. 8).
8 Vitalis était resté. Une pierre l'avait décoiffé; une autre meurtri à l'épaule. Il faisait tête, comme un gibier courageux qui cherche où rendre les coups dont il saigne.
P.-J. Toulet, la Jeune Fille verte, IX.
Tenir tête (même origine : || « Tenez pied contre pied, et tête contre tête » [Ronsard, Exhortation au camp du Roy, t. II, p. 435]) : résister (à l'adversaire). || Tenir tête à qqn (→ Escrime, cit. 2), à l'ennemi (→ Recrue, cit. 1).S'opposer avec fermeté (à la volonté de qqn). → Aligner, cit. 3; blanc-bec, cit. 2. || Tenir tête à son père, à l'opinion (cit. 31).
9 Ces conquérants ne respectaient rien. La toute petite royauté de France ne leur aurait pas tenu tête sans la jalousie de la Flandre et de l'Anjou.
Michelet, Hist. de France, II, IV.
10 Indigné par l'attitude du gouvernement dans l'affaire de la salle Wagram, il avait aussitôt pris la résolution de tenir tête aux pouvoirs, et d'offrir aux défenseurs de la paix une éclatante revanche (…)
Martin du Gard, les Thibault, t. VII, p. 116.
(1549). Tête à tête, en tête à tête : l'un en face de l'autre; en n'étant que deux. Tête-à-tête.
(V. 1600). Vx. Tête pour tête : face à face, dans un combat; en se rencontrant inopinément.
d (La tête, comme objectif, cible…). Jeter (cit. 3, et, fig., cit. 4) qqch. à la tête de qqn. — ☑ Fig. Se jeter à la tête de qqn, se présenter à lui brusquement (→ Dérober, cit. 14); lui faire des avances. Offrir (s'). → Caprice, cit. 5; graine, cit. 9. — Donner un coup sur la tête (→ Relever, cit. 15). fam. Cabèche, caboche, cafetière, calebasse, carafe, carafon, cassis, ciboulot, citron, citrouille, coloquinte, margoulette, tirelire.Se casser (cit. 5.1) la tête. Casse-tête. || Se fendre la tête (→ Soigner, cit. 1).Couper, trancher la tête (ou le cou) de qqn. Décapiter, guillotiner; décollation, guillotine (→ Haut, cit. 118).(Au XVIIe). Vx. || Être condamné à perdre la tête, à avoir la tête coupée. || Le glaive (cit. 3) suspendu sur nos têtes. || La tête sur le billot (cit. 2). — ☑ Fig. Donner sa tête à couper.Faire tomber une tête (→ Féal, cit. 2). || Une balle dans la tête (→ Fournée, cit. 7).fam. Caisson. — Scalper (cit. 1) les têtes.
Loc. Faire une grosse tête à qqn, lui infliger une correction, le battre. → Casser la gueule. — Syn. : mettre la tête au carré.
Tomber sur la tête. — ☑ Fig. Il est tombé sur la tête : il est fou.
e La tête, séparée du corps, après qu'elle a été tranchée. || Salomé présentant la tête de saint Jean-Baptiste sur un plateau. || « Tu montreras (cit. 1) ma tête au peuple ». || Têtes sur des piques (1. Pique, cit. 1).Les chasseurs de têtes. Loc. fig. Chasseur. || Tête réduite d'Indien.
11 Lorsque Fouqué eut la force de la regarder, elle avait placé sur une petite table de marbre, devant elle, la tête de Julien, et la baisait au front (…)
Stendhal, le Rouge et le Noir, II, XLV.
12 Si je vous laisse tomber, vous savez comment vous tomberez, hein ? Le corps d'un côté, et la tête dans le panier de son.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. II, V, p. 45.
4 (V. 1283). a Par métaphore (la tête représentant la personne tout entière; → ci-dessous, les emplois métonymiques). || Le malheur qui lui tombe sur la tête (→ Heureux, cit. 44). || Attirer la haine sur sa tête. Soi. || Prendre une chose sur sa tête, en prendre la responsabilité. || La faute retombe (cit. 14) sur sa tête. || Les trois pouvoirs (2. Pouvoir, cit. 16) réunis sur la tête du sultan. || Placer de l'argent sur la tête de qqn (→ Mot, cit. 39). || Pension, rente réversible (cit. 1) sur la tête de sa sœur. || Elle reporta (1. Reporter, cit. 3) sur cette tête d'enfant ses vanités brisées.
b (Dans des syntagmes). La personne elle-même. Personne.Une tête couronnée (cit. 19; → Impératrice, cit. 3). || « J'ignore (cit. 2) le destin d'une tête si chère » (Racine). || Mettre un nom sur une tête (→ Marotte, cit. 5).Dr. || Succession par tête, personnelle, et non par représentation d'un autre (opposé à par souche). || Viager sur deux têtes de plus de soixante-dix ans.REM. Pour les personnes désignées par leur esprit, leur caractère, → ci-dessous, II., A., 1. et 2.
c Un individu (dans une collection). — ☑ Loc. (1283). Par tête : par personne, par individu. || Dîner à un schelling par tête (→ Estaminet, cit. 1). || Une livre par tête et par jour (→ Rationnement, cit. 1).Hist. || Vote par ordre (II., 4.) ou par tête. — ☑ Fam. Par tête de pipe (→ ci-dessous, infra cit. 18).
13 Bonnes gens donc, qui journellement dînez à trente francs par tête, à la façon d'un député du centre, qui raisonnez de tout sans rien connaître, consolez-vous : voici que le fantastique est à la cuisine.
Nerval, Contes et Facéties, « Fantastique ».
5 (Fin XIIe). Dans quelques expressions (la tête étant considérée comme la partie vitale). Vie.Répondre (cit. 29) de qqn sur sa tête.Jurer, promettre sur (cit. 18) la tête de (une personne chère). → Serment, cit. 2.
(Dans le contexte de la condamnation à mort par décapitation). Demander la tête de qqn (→ Âpre, cit. 6). || Le procureur demande la tête de l'accusé, demande la mort, demande l'échafaud pour l'accusé.L'accusé a sauvé sa tête.Mettre à prix la tête de qqn. || Risquer, jouer (cit. 37) sa tête. || Y laisser sa tête (→ Avancer, cit. 63). || La Tête des autres, pièce de Marcel Aymé.
14 (…) elle leva ses deux mains, la droite vers les fronts de ses fils, la gauche vers les fronts de ses filles, et d'un accent ferme, résolu, sans défaillance.
— Sur la tête de mes enfants, je jure que je vous ai dit la vérité.
Maupassant, l'Inutile Beauté, II.
15 (…) Querelle entendit nettement la voix (…) du Président : — Vous avez égorgé votre complice (…) Nous réclamons la tête de cet homme ! Le sang appelle le sang !
Jean Genet, Querelle de Brest, p. 213.
Vx (dans des jurons où tête a probablt la valeur de jurer sur la tête de…). || Tête-bleu ! (1657, teste-bleu) : sur la tête de Dieu ! Tétigué.(Mil. XVIIe). || Par la tête ! ou Tête !
tableau Principales interjections.
6 (Déb. XIVe). Le visage, quant aux traits et à l'expression. Face (1.), figure (3.); gueule (fam.). || Une belle tête romantique (cit. 10), passionnée et ravagée. || « Belle tête, dit-il, mais de cervelle (cit. 4) point ». || Une tête d'ascète, de noceur, d'assassin… || Une tête sympathique, antipathique. || Une sale tête. || Avoir une tête comique, bizarre. Bille, binette, terrine, trombine, tronche. || Avoir une bonne tête, qui inspire confiance. Bouille.Avoir une tête à gifles, à claques. || Quelle tête il a !, se dit d'une personne qui a un air défait, fatigué. || Avoir la tête à… (et inf.). || Il n'a pas une tête à ça. — ☑ Loc. Avoir la tête de l'emploi.Faire une drôle de tête (→ Extirper, cit. 4). fam. Bobine, bougie, bouillotte, burette, fiole, museau, poire, trompette. || Pour voir la tête que vous feriez (→ Sans-cœur, cit. 1). Mine.Faire une tête de six pieds de long : être triste, maussade. — ☑ Loc. Avoir ses têtes : manifester de la sympathie ou de l'hostilité suivant l'apparence, sans autre motif. || « Cette femme-là, elle avait ses têtes » (G. Chevallier, Clochemerle, p. 185).
(1907). Absolt. Faire la tête. Bouder (→ fam. Faire la gueule). — ☑ Fam. Se payer (cit. 45) la tête de qqn.
16 Ce qui attire chaque fois son attention (…) ce n'est pas le détail des traits, c'est l'expression de tout le visage, et même de tout l'être par le visage; la nuance de méchanceté amère, de hargne, de défi que la tête envoie dans l'espace comme une radiation inépuisable.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. II, XVI, p. 188.
17 (Sa maîtresse) lui reprochait d'être avare de son temps et lui faisait presque la tête.
M. Aymé, le Vin de Paris, « Faux policier ».
Loc. fam. et péj. Tête de… Face. — ☑ Vulg. Tête de nœud.
7 (1645, Poussin). Représentation de cette partie du corps de l'homme. || Tête sculptée, peinte; tête d'une statue (→ Argile, cit. 7). || Tête khmère (cit.). || Tête d'une personne réelle. Portrait.Tête sculptée. || Tête plate (en bas-relief).Numism. || Tête d'une médaille, d'une monnaie; côté tête. Avers, face.Tête de poupée, de marionnette (cit. 3).T. de métier. || Tête de bois, de cire des modistes, des coiffeurs. Marotte. — ☑ Loc. (anciennt). Tête à perruque.
18 Une tête gothique est rarement plus belle que brisée.
Malraux, les Voix du silence, p. 239.
Loc. Tête de pipe : tête grossière formant le fourneau d'une pipe.Fig. Se dit familièrement d'une personne ( Pipe, cit. 2 et supra.)
Arts. || Une tête d'étude.Blason. || Tête de Maure.
(1866, in Année sc. et industr. 1867, p. 275). || Tête de turc : sorte de dynamomètre sur lequel on s'exerçait dans les foires en frappant sur une partie représentant une tête coiffée d'un turban. — ☑ Fig. Être la tête de Turc, servir de tête de Turc, être sans cesse en butte aux plaisanteries, aux railleries de qqn (→ Sarcasme, cit. 1).
19 Chaque semaine, tous les personnages de l'histoire et du roman, depuis la famille des Atrides jusqu'au monde de Rétif de la Bretonne, sont les têtes de Turc, par-dessus lesquelles il tape sur ses contemporains (…)
Ed. et J. de Goncourt, Journal, 19 mars 1857, t. I, p. 135.
19.1 Je sais qu'on se moque un peu de vous, à l'Assemblée; vos ennemis bien sûr, mais vos amis aussi, ce qui est humain. Il faut toujours que les Assemblées se choisissent une tête de Turc, cela détend. Tâchez que ce rôle ingrat échoie à quelqu'autre.
J. Anouilh, Pauvre Bitos, p. 81.
(1670, Ch. Perrault, in Höfler). Anciennt. Tête de carton que des cavaliers devaient atteindre à la lance (plus tard au pistolet). || Course de têtes. || Courre les têtes.
8 (1671). Mesure de cette partie du corps; hauteur d'une tête d'homme. || Plus grande que lui de toute la tête (→ Diablesse, cit. 2). || Il a une tête de plus qu'elle. — ☑ Fig. Des hommes qui le passent de la tête (→ Piédestal, cit. 3).
20 (…) des enfants debout sur une chaise, fiers de dépasser d'une tête les grandes personnes.
R. Radiguet, le Diable au corps, p. 168.
9 (1888). Tête grimée et parée pour se divertir. || Se faire une tête.Un bal de têtes. || Un dîner de têtes. || Tentative de description d'un dîner de têtes à Paris-France, poème de Prévert. || Le Dîner de têtes, sous-titre de Pauvre Bitos, pièce de J. Anouilh.
21 Au premier moment je ne compris pas pourquoi j'hésitais à reconnaître le maître de maison, les invités, et pourquoi chacun semblait s'être fait une tête, généralement poudrée et qui les changeait complètement.
Proust, le Temps retrouvé, Pl., t. III, p. 920.
10 (1905, in Petiot). Par métonymie. Coup donné avec la tête.Football. Coup de tête dans la balle. || Joueur qui fait une tête. || Une superbe tête dans les buts.
B (V. 1050). Animaux.
1 Partie, extrémité antérieure (et aussi supérieure chez les animaux à station verticale) du corps des artiozoaires, qui porte la bouche et les principaux organes des sens, ainsi nommée lorsque cette partie est distincte et reconnaissable.On dit autrement (zool.) extrémité, région, zone… céphalique. Céphalo-. || Animal à tête entourée de tentacules. Céphalopode. || Tête et thorax d'un insecte. Céphalothorax. || Tête et queue de poisson, de serpent (cit. 3). || Tête d'oiseau (→ Gracieux, cit. 9). || La tête d'une linotte (→ ci-dessous tête de linotte, fig.), de sanglier ( Hure), de cheval, de chien, de chat, de singe; tête d'homme. || Monstre sans tête ( Acéphale), à plusieurs têtes ( Polycéphale).
22 La région céphalique peut être une tête hautement différenciée, mais elle manque dans le groupe des Bivalves, ou Acéphales.
A. Franc, in Encycl. Pl., Zoologie, t. I, p. 108.
Cette partie (d'un animal) propre à la consommation alimentaire. || Tête de cochon. || Tête de veau. || Fromage de tête.Régional (Belgique). || Tête pressée : fromage de tête.
Myth. || Le Minotaure, homme à tête de taureau. || Dieu à tête d'épervier (→ Hiéro-, cit.). || Tête de Méduse. || Les sept têtes de l'Hydre (cit. 1) de Lerne. || Aigle à deux têtes. Bicéphale. || Tête de furie. || « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (→ Enfer, cit. 2, Racine).
Loc. (en parlant d'un cheval). Avoir une pelote, une liste en tête, une tache, une traînée blanche sur le chanfrein.
Fauconn. || Faire la tête (à un oiseau) : habituer (l'oiseau) au chaperon.
Représentation d'une tête animale. || Une tête peinte, sculptée… de chien, de bœuf.Tête plate : tête (d'animal ou d'homme) en bas-relief.
Pêche. || Tête de poisson : plomb, cuiller à lancer en forme de tête de poisson.
2 (V. 1354). Chasse. Tête d'une bête fauve.
a Loc. Faire tête (vx) : lutter tête contre tête. || Deux cerfs qui font tête. → ci-dessus A., 3., c. — ☑ Donner de la tête : frapper avec la tête.Fig. Donner.
b Bois ou cornes des bêtes fauves (cerf, daim, chevreuil). || Cerf qui fait sa tête, dont le bois pousse. || Première, deuxième… tête, premier, deuxième… bois, qui pousse la première, la deuxième… année. || Tête en fourche (les andouillers du sommet en fourche). || Tête paumée (sommet plat et digité). || Tête ouverte (à perches écartées). || Tête rouée. || Tête seconde bizarde (inhabituelle).
c Fig. → ci-dessous II., A., 2., a.
3 Loc. Faire tête à queue, se dit d'un cheval qui se retourne brusquement. || La bête fit tête à queue. → Chanceler, cit. 3 ( Tête-à-queue, et → ci-dessous, en parlant des véhicules.) || Mettre la tête (du cheval) au mur, la tourner vers le mur du manège.
4 (1855, in Petiot). Mesure de la tête; longueur de tête (d'un cheval), dans une course. || Cheval qui gagne d'une tête, d'une courte tête. — ☑ Loc. fig. Gagner d'une courte tête, de très peu.
5 (1812). Par métonymie. Animal (d'un troupeau). || Cent têtes de bétail. Pièce.
C (1562). Tête de mort.
1 Crâne, squelette provenant de la tête d'un mort (→ Macabre, cit. 6). || Une tête de mort véritable, avec ses trous, ses sutures, ses apophyses (→ Architecture, cit. 8).
2 Emblème de la mort, représentation de ce squelette en métal, etc., ou de la face de ce squelette sur papier, sur tissu… || Tête de mort et tibias croisés. || Pavillon à tête de mort des pirates (→ Emblème, cit. 2).
Appos. || Sphinx (cit. 8) tête-de-mort.
3 (Forme fautive, pour tête de Maure, à cause de la couleur). Fromage de Hollande. || Acheter de la tête de mort (cf. Croûte rouge).
———
II
A (V. 1360). || La tête, considérée chez l'homme comme siège de la pensée. Cerveau, cervelle.
1 (Mil. XVe). Le siège des idées, de la mémoire, du jugement. || Une tête qui fonctionne (→ Matière, cit. 9). — ☑ Trois têtes sous un bonnet.Tête bien faite (→ Ignorance, cit. 9 et 14) et tête bien pleine. || Rétrécir (cit. 5) les têtes. || Tête qui faiblit (cit. 2). — ☑ Loc. prov. Autant de têtes, autant d'avis.
23 (…) je voudrais aussi qu'on fût soigneux de lui choisir un conducteur (précepteur) qui eût plutôt la tête bien faite que bien pleine (…)
Montaigne, Essais, I, XXVI.
Loc. Avoir une petite tête, un petit esprit sans idées, sans jugement. — ☑ Fam. Petite tête [p(ə)tittɛt]  : personne qui a une petite tête. || Faut voir plus loin que le bout de son nez (cit. 26), petite tête !En appellatif. || Salut, petite tête ! (plutôt par plais. que péj.).(Renforcé). || Petite tête de piaf.
(1538). Bonne tête : forte intelligence.
Grosse tête. || Avoir une grosse tête, un esprit sûr de lui, prétentieux. || Depuis qu'il a réussi son coup, il a la grosse tête ! || Des types à grosse tête : des intellectuels.Fam. || Une grosse tête : un esprit trop sûr de son pouvoir. || Les grosses têtes du parti (avec infl. du sens II., B.).
23.1 Une race d'adultes à grosses têtes, les intellectuels, a tué la poule aux œufs d'or de la poésie : la rime, l'incantation mnémotechnique qui donnait au poème son sens sacré.
P. Guth, Lettre ouverte aux idoles, p. 9.
Loc. péj. Avoir une tête sans cervelle, une tête en l'air. — ☑ Loc. vieillie. Tête à l'évent.
Tête de… (et compl. nom d'oiseau, pour désigner péjorativement la nature d'un esprit). || Avoir une tête d'oiseau, et, par métonymie, c'est une tête d'oiseau.Tête de linotte, de moineau : esprit léger, sans consistance.C'est une vraie tête de piaf.
(1965; trad. angl. egg head). Péj. Tête d'œuf (à la fois « crâne d'œuf » et grosse tête) : intellectuel.
Absolt. || La tête.Avoir, ne pas avoir de tête, du jugement et de la mémoire. || Vous avez de la tête, du jugement (→ Dessus, cit. 22). || Il n'a pas de tête. Écervelé; oublier.Quand on n'a pas de tête il faut avoir des jambes. — ☑ (1440). De tête : qui a de la tête. || Un homme de tête et d'exécution (cit. 9). || Une femme de tête.
La tête, opposée au cœur. Raison, réflexion. || Sa tête dominait (cit. 15) son cœur. || Gouverner avec la tête (→ Échec, cit. 17). || Ce n'est pas le cœur, c'est la tête qui fait tout (→ Sensibilité, cit. 4).
24 On n'écrit pas avec son cœur, mais avec sa tête, encore une fois, et si bien doué que l'on soit, il faut toujours cette vieille concentration qui donne vigueur à la pensée et relief au mot.
Flaubert, Correspondance, 344, 25 sept. 1852.
(Mil. XVe). Avec dans, en : dans la tête, en tête. Avoir une idée dans la tête, en tête. || N'avoir qu'une idée, qu'un souci en tête (→ Pavois, cit. 1), ne penser qu'à cela.N'avoir rien dans la tête. → Mon, cit. 1. || Tourner, rouler (cit. 13) une chose dans sa tête (→ Entamer, cit. 13). || Projet qui germe (cit. 7), mûrit (cit. 11) dans la tête. || Ce qu'il a dans la tête : ses idées, ses intentions. || Tout se brouille (cit. 20) dans ma tête. Esprit. || Mettre, fourrer (cit. 13) qqch. dans la tête. Apprendre. || Idée qui entre dans la tête. → Royaume, cit. ☑ Se mettre qqch. dans la tête (→ Habillement, cit. 1), en tête, s'en persuader. || Il s'est mis dans la tête, en tête de réussir. Décider. || Il s'est mis dans la tête que… : il s'est imaginé, s'est persuadé que…Chercher (cit. 15) qqch. dans sa tête, dans sa mémoire.
25 Moi, je crois (…) que vous avez quelque nouvel amour en tête.
Molière, Dom Juan, I, 2.
26 Alors il se mit dans la tête (non, il n'avait pas de tête), dans l'idée (…) Oui, c'est bien cela, dans l'idée de faire quelque chose.
Ch. Cros, Monologues, « Autrefois », Pl., p. 297.
Spécialt. || Dans la tête : en esprit et non en fait. || Tout était arrêté, décidé dans sa tête (→ Exécuter, cit. 9). || Dessiner dans sa tête (→ Relever, cit. 38). || Le livre qu'il a dans la tête (→ Critiquer, cit. 2). — ☑ C'est (tout) dans la tête : c'est psychique, moral (et non pas physiologique).
Loc. métaphorique. Du plomb dans la tête.
(Avec d'autres prép.).Passer (cit. 31, 45) par la tête. || Une idée lui est passée (cit. 30) par la tête, lui est venue brusquement.Vx. || Se mettre une idée à la tête (→ ci-dessus dans la tête)Ôter, enlever à qqn une idée de la tête. || Ôter une folie (cit. 22) de la tête. || Ça lui est sorti de la tête. — ☑ Avoir une idée derrière la tête, une idée cachée, non avouée. || Des intentions de derrière la tête.(Jeu de mot avec le sens concret) :
26.1 — Qu'est-ce que tu as derrière la tête ? lui demanda Valentin.
— Le dos de ma chaise, répondit Julia qui n'était pas bien grande et qui était assise dans un fauteuil.
R. Queneau, le Dimanche de la vie, p. 167.
(1766). Loc. adv. De tête : mentalement. || Calculer de tête. || Faire de tête une division de cinq chiffres (→ Hercule, cit. 4).
Loc. adj. : De tête : intellectuel, raisonné. || Un amour de tête (opposé à de cœur).
(Mêmes contextes).Avoir la tête vide : ne plus pouvoir réfléchir, ou se souvenir.Avoir la tête pleine (d'idées, de connaissances, de souvenirs). || Avoir la tête farcie (cit. 8) d'érudition, bourrée (cit. 5) de souvenirs.
Loc. Se creuser (cit. 23) la tête : chercher avec difficulté. — ☑ Se casser (cit. 5.3) la tête : se fatiguer l'esprit.Cassement de tête : recherche fatigante pour l'esprit; problème très difficile. — ☑ Casser la tête à qqn, le fatiguer, l'ennuyer.
2 Siège et indice des états psychologiques.(1538). Caractère.Avoir la tête chaude (cit. 7) : se mettre facilement en colère, s'emporter. — ☑ Loc. fig. Avoir la tête près du bonnet (cit. 6), même sens. — ☑ Avoir la tête froide : avoir du flegme, du sang froid. || Il sait garder la tête froide. — ☑ Avoir la tête dure : être entêté. Têtu.
Tête de… (suivi d'un compl. désignant un animal, une substance, etc.).Il a une tête de cochon : il est entêté et de mauvaise volonté.Par métonymie. || C'est une tête de cochon. || Tête de lard (de cochon).Tête de bique, de mule (1. Mule, cit. 4), tête de mulet (entêté).Tête de bois, (vx) de fer.Tête de pioche. || Tête de nœud.REM. Dans ces emplois métaphoriques, le sens de base de tête est « visage ». → Face, gueule (loc.).
26.2 Y a pas de danger qu'i comprennent. C'est des têtes de lard surtout dans ce patelin.
Jean Genet, Querelle de Brest, p. 286.
(Avec la valeur de « visage »). || Tête de bois.
27 (…) elle essaya de lire sur ce front, sur cette atroce physionomie, et trouva ce qu'en affaires on nomme une tête de bois.
Balzac, le Cousin Pons, Pl., t. VI, p. 676.
Tête et adj., désignant une personne (péj.).Une tête carrée. — ☑ Tête brûlée. || C'est une tête molle.
Forte tête. a (1690). Vx. Esprit plein de jugement, de bon sens.
b (1907). Mod. Personne qui s'oppose aux autres et fait ce qu'elle veut. Indiscipliné (→ Fainéant, cit. 5; résister, cit. 13). || Un frondeur (cit. 5), une forte tête. — ☑ (1538). Mauvaise tête : personne obstinée, querelleuse, boudeuse.Mauvaise tête, mais bon cœur.
28 Si méprisé que soit l'homme de troupe, en ce régime de despotisme oriental, il peut toujours braver ses maîtres, pourvu qu'il surmonte la peur; et c'est par ce détour que ceux que l'on appelle les mauvaises têtes agissent souvent en héros.
Alain, Propos, 24 juil. 1921, Le canonnier sans peur.
(États passagers).Dans des loc. Se monter la tête (→ Couard, cit. 1). Bobèche, bourrichon.Se mettre martel (cit. 2 et 3) en tête.(1561, in D. D. L.). || Avoir martel en tête.Avoir la tête à l'envers (2. Envers, cit. 12). || Mettre la tête à l'envers (→ Déguiser, cit. 2). || La tête lui tourne (→ Opulence, cit. 1).Tourner la tête à qqn (→ Respecter, cit. 7). Égarer, griser, séduire (cf. Rendre fou, inspirer une passion). || La beauté (cit. 28) tourne la tête aux belles. || Ma tête s'égare (cit. 21). — ☑ (XVIIIe). Perdre la tête : perdre son sang-froid. (fam.) Boule, boussole; affolement, affoler (s'). → Escalier, cit. 7; guet-apens, cit. 1; regret, cit. 9. — ☑ Examiner qqch. à tête reposée. — ☑ Avoir la tête à ce qu'on fait, y appliquer son esprit, son attention.Avoir la tête à l'ouvrage (→ Nuage, cit. 6).Avoir la tête ailleurs : penser à autre chose, être dans la lune. — ☑ En faire (cit. 58) à sa tête ( Volonté), n'en faire qu'à sa tête : agir selon son idée, sa fantaisie, selon l'humeur du moment. Entêté, indépendant (→ Insubordination, cit. 1). — ☑ Vx. Faire un coup de sa tête, une action irréfléchie.
29 S'il est aucun respect ni pouvoir qui m'arrête,
Et si je ne fais pas quelque coup de ma tête !
Molière, Tartuffe, III, 1.
30 (…) il avoua plus tard qu'en ce temps de désespoir la tête lui bouillait comme une marmite (…)
Balzac, César Birotteau, Pl., t. V, p. 350.
31 (…) il se plaignit du mauvais accueil qu'on lui faisait maintenant chez les Buteau. Mais elle n'avait pas la tête à cela, elle se taisait, elle ne lâchait que des paroles brèves.
Zola, la Terre, III, IV.
32 Ce séjour, cette liberté trop grande m'inquiètent pour mon pauvre Yves, — auquel ce pays de plaisir tourne un peu la tête.
Loti, Mme Chrysanthème, XXIV.
33 Fais à ta tête, Père Ubu, il t'en cuira.
A. Jarry, Ubu roi, III, 1.
(1440). Coup de tête : décision, action inconsidérée, irréfléchie (→ Impétuosité, cit. 5; inutile, cit. 3; œuf, cit. 13).
Au plur. || Les têtes : les esprits. || Les têtes se montaient, fermentaient. → Gronder, cit. 9.
3 (En loc.). Symbole d'état mental. Avoir la tête fêlée (cf. pop. Le coco, le timbre fêlé).Avoir une araignée, un cafard dans la tête. Plafond (fam.). || Tête qui s'altère (→ Loup-garou, cit. 1), qui se dérange (→ Méchanceté, cit. 5).
34 (…) son honnête homme de mari, lequel avait la tête faible et finit même par être tenu enfermé dans une chambre comme hébété.
Sainte-Beuve, Causeries du lundi, 9 juin 1851.
Loc. verbales. Avoir sa tête, toute sa tête, sa tête à soi : avoir toute sa lucidité, son bon sens. || Elle est très vieille, mais je te garantis qu'elle a toute sa tête.Elle n'a plus sa tête à elle. — ☑ Perdre la tête : devenir fou (fig.), commencer à agir de manière irrationnelle. || Le vieux perdait la tête. Raison; déraisonner. → Nombre, cit. 19. || Tu as perdu (cit. 15) la tête !
Fam. Ça va pas dans la tête !; ça va pas la tête ! : tu es fou.
Ça prend la tête : cela tracasse, obsède. || Ça me prend la tête, toute cette histoire ! — ☑ Prise de tête. || Quelle prise de tête ! Obsession.
B (1636, Corneille). Par métaphore (→ ci-dessous, cit. 35) ou métonymie. Personne qui conçoit et dirige (comme le cerveau fait agir le corps). || Des énergumènes (cit. 4) groupés autour de quelques têtes. || C'est à la tête qu'il faut frapper (→ Exécuter, cit. 12). || Donner une tête à un pays. Chef.REM. Ce sens rejoint celui de personne à la tête de… (→ ci-dessous, C.).
35 L'empire est à donner, et le sénat s'assemble
Pour choisir une tête à ce grand corps qui tremble (…)
Corneille, Pulchérie, I, 1.
36 Qu'on nomme crime, ou non, ce qui fait nos débats,
Sire, j'en suis la tête, il n'en est que le bras.
Corneille, le Cid, II, 8.
La tête de… : le, les chefs de… || La tête et les bras de la révolution. || La dernière tête de la rébellion (cit. 6).
Fam. || Les grosses têtes de… (avec infl. du sens II., A., ci-dessus) : les principaux personnages de. Huile.
36.1 Le mariage fut célébré à Saint-Honoré d'Eylau. Y assistaient, pour le principal, sept grosses têtes de l'industrie lourde, cinq personnes nobles, un ministre et deux généraux.
M. Aymé, Travelingue, p. 7.
———
III (Choses).
A Par analogie avec la tête humaine — et avec celle de nombreux animaux —, qui est située plus haut que le reste du corps et à l'avant.
1 (1560). a Partie supérieure d'une chose, notamment lorsqu'elle est arrondie. || La tête des arbres (cit. 28). Cime (→ Jungle, cit. 1). || Couper la tête d'un arbre. Étêter. || Ormes à tête en parasol (cit. 5). || Tête d'un épi (→ Noircir, cit. 1). || La tête d'une montagne (→ Frimas, cit. 3). || Tête d'un mât. || Colonne posée la tête en bas (→ Équarrir, cit. 2). || Ce tableau est accroché la tête en bas.
36.2 L'allée d'orangers était vraiment admirable à voir. La lune, déjà levée, la pleine lune, jetait au milieu un mince sentier d'argent, une longue ligne de clarté qui tombait sur le sable jaune, entre les têtes rondes et opaques des arbres sombres.
Maupassant, Julie Romain, Pl., t. II, p. 717.
Mar. || Tête de roche : roche en saillie sur un fond marin.
b En tête. (Billard). || Frapper, prendre la bille en tête, au milieu vers le haut (coup le plus simple). — ☑ Fig. et fam. Faire une chose bille en tête, avec franchise et décision. 1. Bille (cit. 3).
Autom. || Moteur à soupapes en tête, qui s'ouvrent à la partie supérieure du cylindre. || Moteur six cylindres en ligne à arbre à cames en tête.
c Techn. (reliure). Partie supérieure du dos. Tranche supérieure. || Ouvrage relié en demi-chagrin, tête dorée, jaspée.
d Techn. Partie supérieure plane; couche supérieure. || Tête dure (d'un banc de pierre).Techn. || Tête de mur.Tête de chevalement : pièce horizontale posée sur deux étais.
2 (Mil. XIIIe). Partie terminale, extrémité d'une chose, grosse et arrondie. || Corps, col, et tête d'un os long. || Tête du fémur, de l'humérus, des côtes. || Tête de l'épididyme, du pancréas.(1530). || Tête d'ail.Tête d'artichaut, de champignon. Chapeau. || Chou cabus à tête ronde.Tête de fer d'un outil (→ Copeau, cit.). || Tête de comète (composée du noyau et de la chevelure). Coma.Techn. || La tête d'un marteau, partie du fer opposée à la panne. || La tête d'un instrument (de musique) à cordes. || Tête d'un violon. || Badine à tête d'or (→ Menacer, cit. 4). || Tête d'aiguille, d'épingle (→ Maintenir, cit. 23). || Clou à tête large (→ Des, cit. 9), plate, ronde; dorée. || Clou à tête d'homme. || Tête de vis. || Tête perdue (de clou ou de vis), enfoncée dans la matière.Tête romaine : tête de vis sphérique percée d'un trou. || Tête de boulon. || Tête de bielle (→ Machine, cit. 14).Tête de scion d'une gaule (pêche).
37 (…) la garniture de boutons d'acier à tête de diamants qui vient de mon père.
G. Sand, Histoire de ma vie, II, VI.
Extrémité (d'un cigare) destinée à être placée dans la bouche. || Tête fermée, recouverte par la cape.
Techn. || Tête de cornue : pièce en fonte fixée à l'avant d'une cornue à gaz.
Extrémité (supérieure ou inférieure) d'une glace, en verrerie.
3 Partie extrême (d'un lit) sur laquelle on pose la tête (I.). Chevet.
37.1 Un lit de fer à la peinture écaillée, avec à la tête un numéro 7, et la pancarte.
Aragon, les Beaux Quartiers, I, XXIV.
B (1559). Par anal. avec la tête des animaux, qui se présente en premier dans le sens de la marche; souvent opposé à queue.
1 a Partie antérieure d'une chose qui se déplace. || Tête d'un engin propulsé, d'une fusée, d'un missile. || Tête nucléaire, thermonucléaire. || Engin à tête nucléaire. Ogive. || Récupérer la tête d'une fusée à son retour au sol.
(1954). || Tête chercheuse. || Fusée à tête chercheuse, à tête munie d'un dispositif pouvant modifier sa trajectoire vers l'objectif. — ☑ (1973). Inform. Tête chercheuse : dispositif d'un classeur électronique destiné à la recherche des informations.Fig. Personne ou groupe qui a un rôle d'information. || « Les groupes de pression sont munis (…) de têtes chercheuses » (Petite Encyclopédie politique, 1969).
Loc. (fig. du cheval, ci-dessus I., B., 3.). Tête (à, sur) queue. || Virer tête à queue, tête sur queue, se dit d'un véhicule qui pivote entièrement. Tête-à-queue.Par ext. || Faire tête sur queue, revenir tête sur queue : s'en retourner sitôt après être arrivé.
38 Les Laharanne, eux, allaient à Hargouët voir les Sainte-Mary. Mais ils ont trouvé visage de bois (…) Bref, les Laharanne ont fait tête sur queue, et m'ont reprise, plus tôt que je ne pensais.
P.-J. Toulet, la Jeune Fille verte, I.
b Premier(s) élément(s) d'un ensemble de véhicules, d'un groupe de personnes qui se déplacent. || La tête d'un train, d'une escadre… || Tête d'un rang, tête de colonne (→ Équipage, cit. 6), tête d'un défilé (les premiers rangs).Fig. || La tête d'une classe : les meilleurs élèves.
39 La tête du cortège était déjà entrée dans le cimetière.
France, l'Anneau d'améthyste, VIII, Œ., t. XII, p. 138.
c Partie antérieure d'une chose orientée, ou première partie de ce qui se présente dans un ordre.(1869). || Tête de ligne : station, gare de chemin de fer, de métro, d'autobus… où commence la ligne; point de départ (opposé à terminus). || Tête de ligne ferroviaire, maritime, aérienne. || Faire tête de ligne à…, dans…
39.1 (Le « Great Indian peninsular railway ») En quittant l'île de Bombay, il traverse Salcette, saute sur le continent en face de Tannah, franchit la chaîne des Ghâtes-Occidentales, court au nord-est (…), s'infléchit vers l'est, rencontre le Gange à Bénarès, s'en écarte légèrement, et, redescendant au sud-est par Burdivan et la ville française de Chandernagor, il fait tête de ligne à Calcutta.
J. Verne, le Tour du monde en 80 jours, p. 64 (1873).
Tête de pont (→ Démilitariser, cit.) : à l'origine, partie d'un pont du côté ennemi. Pont.Tête de chapitre (→ Exposé, cit. 2).(1885, in D. D. L.). || Tête de liste : premier nom d'une liste.Par ext. La personne elle-même. || Élire une tête de liste. || Tête d'affiche.Par ext. || C'est ce chanteur qui est la tête d'affiche.
Comm. || Tête de gondole : extrémité d'une gondole (4.) utilisée pour les présentations « promotionnelles ».
d Partie (d'un ensemble ou d'un organe mécanique) en général située à une extrémité (→ ci-dessus B., 1., a et III., A., 2.) et possédant une fonction spécifique.Tête de… (et nom d'une opération, d'une fonction). || Tête d'allumage. || Tête d'amorçage.
Techn. || Tête d'enregistrement, d'effacement, de lecture : transducteur électromagnétique (électro-aimant à entrefer très étroit) capable d'inscrire, d'effacer ou de reproduire les sons, les images enregistrés sur un support magnétique (bande, disque…).(1945). || Tête sonore. Lecteur.
Loc. cour. Tête de lecture (d'une platine de tourne-disque) : l'extrémité du bras qui porte la pointe de lecture. Cellule, phonocapteur. || Changer la tête de lecture.Par métaphore :
39.2 La boisson serait-elle une bonne tête de lecture (tête chercheuse d'une vérité du corps) ?
R. Barthes, Roland Barthes, p. 99.
Absolt. || Tête. || « Grâce à des “têtes” en cristal de ferrite (…) on enregistre sur une bande magnétique… (plus étroite) » (l'Express, 25 sept. 1972, p. 36, publicité).
Tête d'impression d'une machine à écrire. Boule, marguerite. || Tête imprimante.Tête d'impression d'une imprimante.
Spécialt. Partie (d'un appareil, d'une machine-outil) recevant des mécanismes particuliers. || Tête amovible. || Changer la tête d'une fraiseuse. || Tête mobile, inclinable. || Perceuse à tête multiple.
Tête de remplissage : dispositif destiné à introduire un produit dans son emballage.
(Textile). Ensemble des cylindres qui opèrent l'étirage du ruban textile.
2 (1580, en tête). a (Surtout de, en tête). Place de ce qui est à l'avant d'un ensemble qui progresse. Avant. || Voiture, wagon de tête (→ Métro, cit. 3; mitrailler, cit. 1). || En tête et en queue du convoi (→ Sbire, cit. 1). || Sortie du quai en tête ou en queue (1. Queue, cit. 25). || À la tête du rang; prendre la tête de la file, du cortège. || À leur tête marchait une femme (→ Homme, cit. 104). || En tête marchait le maréchal (→ Caracoler, cit. 2). → Ouvrir la marche. || Musique, tambours en tête (→ Fournaise, cit. 8; lycée, cit. 1). || Faites-le passer en tête. Devant, premier (le).Milit. || Éclaireur de tête.Sports. || Coureur en tête du peloton, coureur qui prend la tête, qui tient la tête. Mener. || Groupe de tête.Fig. || Le mouvement qui est en tête. Avant-garde.
40 Ils le tenaient (Mars) pour le protecteur de l'empire, et le voyaient marcher dans les combats en tête de leurs troupes.
Émile Henriot, Mythologie légère, p. 77.
b (À la tête, en tête). Première place (dans un classement, une compétition). || Être à la tête de sa classe : être le premier, le meilleur élève. || Équipe en tête du championnat. || Le candidat qui arrive, vient en tête aux élections.
41 (…) et néanmoins, (la France) est, je le crois, à la tête du monde par ses artistes, par ses hommes de talent, par le goût de ses produits.
Balzac, Modeste Mignon, Pl., t. I, p. 530.
42 Des cheminots près de la gare, sortant du travail, demandaient les nouvelles. Barbentane en tête (…) Il y aura ballotage.
Aragon, les Beaux Quartiers, I, XXV.
c (En tête, de tête). Place de ce qui est en avant, devant, au début. || Machine en tête d'une voie (→ Hangar, cit. 3). || Arriver en tête de liste. || Article de tête d'un journal. || Portrait, épigraphe, avertissement… en tête d'un volume (→ 2. Loupe, cit. 2).Gramm. || Mot en tête de phrase (→ Plus, cit. 97).
Techn. (journal.). || La tête et le ventre d'une page.
43 Sauf pour certaines présentations particulièrement étudiées et plus ou moins complexes, on commence habituellement une page par la tête. C'est normalement en tête que figurent les informations les plus importantes. Mais l'équilibre des illustrations peut amener à rejeter plus bas une information qui « mériterait la tête », et le secrétaire de rédaction n'oublie pas qu'une information illustrée et coiffée d'un gros titre, dans le ventre de la page, attire plus l'œil qu'une information sur une colonne et sans illustration en tête.
Philippe Gaillard, Technique du journalisme, p. 111.
d (1905, in Petiot). Par métonymie de c. (Sports). || Tête de série : personne qui vient en tête d'une série de concurrents.
e (1892, cit.). Techn. || Produits de tête et de queue de la distillation du pétrole, de la houille… (dans l'ordre de leur apparition).
44 À la rectification, les éthers et les aldéhydes passent les premiers, et constituent ce qu'on appelle les produits de tête (…)
L. Figuier, l'Année scientifique et industrielle 1893, p. 246 (1892).
f Loc. (où tête correspond à « début, commencement logique »). Sans queue ni tête. 1. Queue (cit. 27); → Imbroglio, cit. 4; improviser, cit. 4.
C (1651). Fig. À la tête, place de celui qui dirige (fig.), commande.(En parlant de celui qui conduit ses hommes sur le terrain et les commande). || Prince qui foudroie une ville à la tête de ses armées (→ Camp, cit. 9). || Il fut tué à la tête de ses troupes.
Fonctions de direction. || Mettre qqn à la tête d'un gouvernement (→ Résigner, cit. 1). || Doyen (cit. 4) à la tête d'une faculté. || Personne(s) à la tête d'un service, d'une entreprise, d'une affaire… Chef, directeur, état-major (fig.). || Être à la tête de… Diriger.(1735). Par anal. || Se trouver à la tête d'une fortune (→ Passe-passe, cit. 2), d'un capital, être en mesure d'en disposer. Posséder.
Loc. verbale. Prendre la tête d'un mouvement, d'une rébellion.
CONTR. Pied, 1. queue. — Arrière, fin.
DÉR. Teston, têtard, têteau, tétère, tétoir.
COMP. Appui-tête, casse-tête, en-tête, entêter, étêter, serre-tête; tête-à-queue, tête-à-tête, tête-bêche, tête-chèvre, tête-de-chat, tête-de-clou, tête-de-loup, tête-de-maure, tête-de-moineau, tête-de-nègre, tête-de-pont, tétigué.
HOM. Formes du verbe téter. — Têt, tette.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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